Programme de rétablissement visant des espèces multiples pour le paysage de Princeton 2013 : partie 2

Partie 2 : Programme de rétablissement plurispécifique pour le paysage de Princeton, visant le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus var. brevissimus), le collomia délicat (Collomia tenella) et l'antennaire stolonifère (Antennaria flagellaris) en Colombie-Britannique, préparé par le Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes rares de la région intérieure sud de la Colombie-Britannique pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

Programme de rétablissement plurispécifique pour le paysage de Princeton visant le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus var.brevissimus), le collomia délicat (Collomia tenella) et l'antennaire stolonifère (Antennaria flagellaris) en Colombie-Britannique

Photo : paysage de Princeton visant le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus var. brevissimus), le collomia délicat (Collomia tenella) et l'antennaire stolonifère (Antennaria flagellaris) en Colombie-Britannique

Préparé par le Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes rares de la région intérieure sud de la Colombie-Britannique

ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

Juin 2008 

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Table des matières – Partie 2

Information sur le document – Partie 2

Liste des tableaux

Liste des figures

Information sur le document – Partie 2

La série de Programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique

La série présente les programmes de rétablissement qui sont préparés en tant qu’avis à l’intention de la province de la Colombie-Britannique sur l'approche stratégique générale nécessaire pour rétablir les espèces en péril. La province prépare des programmes de rétablissement qui répondent à ses engagements relatifs au rétablissement des espèces en péril en vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est l’ensemble des mesures visant à arrêter ou à renverser le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays, et à réduire ou à supprimer les menaces pesant sur l’espèce, de manière à améliorer ses chances de persistance à l'état sauvage.

Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?

Un programme de rétablissement représente les meilleures connaissances scientifiques disponibles sur ce qui doit être effectué pour en arriver au rétablissement d’une espèce ou d’un écosystème. Un programme de rétablissement énonce ce qui est connu et ce qui n’est pas connu au sujet d'une espèce ou d'un écosystème. Il définit également les menaces qui pèsent sur l'espèce ou l'écosystème, et ce qui doit être réalisé pour atténuer ces menaces. Les programmes de rétablissement établissent des buts et des objectifs de rétablissement, et recommandent des approches pour le rétablissement de l'espèce ou de l'écosystème.

Les programmes de rétablissement sont généralement préparés par une équipe de rétablissement composée de membres provenant d'organismes responsables de la gestion de l'espèce ou de l'écosystème, de spécialistes d'autres organismes, d'universités, de groupes de conservation, de groupes autochtones et d'intervenants, au besoin.

Et ensuite?

Dans la plupart des cas, on procédera à l’élaboration d’un ou de plusieurs plans d’action visant à préciser et à orienter la mise en œuvre du programme de rétablissement. Les plans d'action comprennent des renseignements plus détaillés sur ce qui doit être accompli pour répondre aux objectifs du programme de rétablissement. Cependant, le programme de rétablissement offre des renseignements important sur les menaces qui pèsent sur les espèces et sur les besoins en matière de rétablissement de ces dernières, renseignements qui peuvent servir aux particuliers, aux collectivités, aux utilisateurs des terres et aux conservationnistes s’intéressant au rétablissement des espèces en péril.

Pour en savoir plus

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter la page du site Web du ministère de l'Environnement portant sur la planification du rétablissement (Ministry of Environment Recovery Planning) (site en anglais seulement).

Programme de rétablissement plurispécifique pour le paysage de Princeton visant le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus var.brevissimus), le collomia délicat (Collomia tenella) et l'antennaire stolonifère (Antennaria flagellaris) en Colombie-Britannique

Préparé par le Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes rares de la région intérieure sud de la Colombie-Britannique

Juin 2008

Référence recommandée

Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes rares de la région intérieure sud de la Colombie-Britannique. 2008. Programme de rétablissement plurispécifique pour le paysage de Princeton visant le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus var. brevissimus), le collomia délicat (Collomia tenella) et l'antennaire stolonifère (Antennaria flagellaris) en Colombie-Britannique, document préparé pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 33 p.

Illustration/photographie de la couverture

Terry McIntosh

Exemplaires additionnels

Il est possible de télécharger la version anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique portant sur la planification du rétablissement (site en anglais seulement)

Données de catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
Southern Interior Rare Plants Recovery Implementation Group.

Programme de rétablissement plurispécifique pour le paysage Princeton visant le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus var. brevissimus), le collomia délicat (Collomia tenella) et l'antennaire stolonifère (Antennaria flagellaris) en Colombie-Britannique [ressource électronique]

(British Columbia recovery strategy series)

Disponible sur Internet
Comprend des références bibliographiques.
ISBN 978-0-7726-6016-9 (version anglaise)

1. Short Woolyheads (Plant)- British Columbia - Princeton Region.  2. Diffuse collomia - British Columbia - Princeton Region.  3. Antennaria flagellaris - British Columbia - Princeton Region.  4. Wildlife recovery - British Columbia - Princeton Region.  5. Rare plants - British Columbia - Princeton Region.  6. Endangered plants - British Columbia.  I. British Columbia. Ministry of Environment.

QK203.S68 2008     583'.99     C2008-960121-1

Le contenu du présent document (à l’exception des photographies et des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.

Avis

Le présent programme de rétablissement plurispécifique a été préparé par le Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes rares de la région intérieure sud de la Colombie-Britannique en tant qu’avis à l’intention des compétences et des organismes responsables qui peuvent participer au rétablissement des espèces. Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique a reçu le présent avis afin de respecter son engagement en vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Le présent document détermine les programmes de rétablissement qui sont jugés nécessaires au rétablissement des populations du psilocarphe nain, du collomia délicat et de l'antennaire stolonifère en Colombie-Britannique, et ce, en se fondant sur les meilleurs renseignements scientifiques et les meilleures connaissances traditionnelles disponibles. Les mesures de rétablissement visant à réaliser les buts et les objectifs déterminés dans le présent document sont sujettes aux priorités et aux restrictions budgétaires des organismes et des organisations participants. Ces buts, ces objectifs et ces approches de rétablissement peuvent être modifiés dans le futur afin répondre aux nouveaux objectifs et aux nouveaux résultats des recherches.

Les compétences responsables et tous les membres de l'équipe de rétablissement ont eu l'occasion d'examiner du présent document. Cependant, le document ne représente pas nécessairement les positions officielles des organismes ni les opinions personnelles de tous les membres de l'équipe de rétablissement.

La réussite du rétablissement des espèces dépend de l'engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui pourraient participer à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Le ministère de l'Environnement encourage tous les gens de la Colombie-Britannique à participer au rétablissement de l'antennaire stolonifère, du collomia délicat et du psilocarphe nain.

Membres de l'équipe de rétablissement

Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes rares de la région intérieure sud de la Colombie-Britannique  

Ted Lea (coprésident) – écologiste de la végétation, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique
Orville Dyer (coprésident) – biologiste de la faune, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique
Harold Baumbrough – biologiste
Brenda Costanzo – biologiste des plantes en péril, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique
Pam Krannitz – biologiste, Environnement Canada, Service canadien de la faune
Lisa Scott – consultante/intendance du South Okanagan-Similkameen Conservation Program (SOSCP)

Personne-ressource pour les renseignements techniques

Ron Hall – bande indienne d’Osoyoos

Auteure

Ksenia Barton

Compétences responsables

Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique est responsable de l'élaboration d'un programme de rétablissement pour le psilocarphe nain, le collomia délicat et l'antennaire stolonifère en vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada. Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada a participé à la préparation de ce programme de rétablissement.

Remerciements

Ksenia Barton a préparé ce document au nom du Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes rares de la région intérieure sud de la Colombie-Britannique. Lucy Reiss, Ted Lea et Brenda Costanzo ont fourni de précieux commentaires et suggestions tout au long de l'élaboration du présent rapport. Le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique a fourni la majeure partie des renseignements sur les plantes rares. La structure de ce rapport est en partie basée sur celles d'autres programmes de rétablissement plurispécifiques (auteurs : Mike Miller, Carrina Maslovat, Matt Fairbarns, George Douglas et Shyanne Smith). Les personnes suivantes ont fourni des renseignements et des conseils utiles : Curtis Björk, Matt Fairbarns, Dave Fraser, Joyce Gould, Gordon Humphrey, Frank Lomer, Terry McIntosh, Jenifer Penny, Allison Sanger, Rolf Schmitt, Madelon Schouten, Thayne Tuason et George Wooten (affiliations mentionnées dans la liste des personnes-ressources). Les photos sont de Terry McIntosh, James Reveal, Mark Turner et Carol Witham. Environnement Canada a financé la préparation de ce document.

Sommaire

Le présent programme de rétablissement plurispécifique a été élaboré en vue de guider le rétablissement des espèces de plantes en péril présentes dans un paysage situé au sud de Princeton, en Colombie-Britannique. Les espèces en péril visées par le présent programme sont le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimusvar.brevissimus) - population des montagnes du Sud, le collomia délicat (Collomia tenella) et l'antennaire stolonifère (Antennaria flagellaris). Les aires de répartition de ces espèces s'étendent vers le sud, dans l'ouest des États-Unis.

Ce secteur d’une superficie d'environ 5 km2 est décrit comme étant l'un des plus importants sites de plantes rares en Colombie-Britannique. En plus des trois espèces en voie de disparition à l'échelle nationale qui poussent à cet endroit, au moins neuf autres espèces végétales rares à l'échelle provinciale y ont également été observées. Le présent document porte sur le rétablissement des trois espèces en péril visées et recommande également le rétablissement de l'écosystème auquel elles sont associées.

Le site se trouve à la limite ouest de la répartition des steppes arbustifes ouvertes à cette altitude. L'armoise tridentée (Artemisia tridentata), parsemée de pins ponderosa (Pinus ponderosa) et de douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii), domine le paysage. L'habitat est associé à des sols inhabituels, ce qui explique probablement la combinaison unique d'espèces présente sur le site. Les microsites importants du paysage comprennent des mares printanières, des pentes érodées parcourues de suintements printaniers et des versants secs et érodés de crêtes sableuses.

Les espèces visées sont en péril en raison d'un certain nombre de grandes catégories de menaces comme la perte ou la dégradation de l'habitat, les espèces exotiques envahissantes, les changements de la dynamique ou des processus écologiques naturels et les perturbations. Les phénomènes stochastiques (p. ex. feux irréprimés et sécheresses prolongées), les changements climatiques et les catastrophes naturelles représentent d'autres menaces. D'importantes préoccupations sont soulevées par l'extraction des ressources naturelles, la dégradation de l'habitat causée par les activités récréatives et le pâturage du bétail, les espèces exotiques envahissantes et des facteurs biologiques, notamment démographiques et génétiques. Les facteurs limitatifs intrinsèques comprennent la dispersion limitée, le recrutement ou la reproduction faibles, les fluctuations des populations, l’endogamie et l’aire de répartition restreinte. Le rétablissement des trois espèces en péril visées est jugé réalisable sur les plans technique et biologique.

Les buts du rétablissement du psilocarphe nain, du collomia délicat et de l'antennaire stolonifère sont les suivants :

  1. Maintenir les populations de la zone d'occupation actuelle;
  2. Maintenir toute nouvelle population localisée.

Les objectifs de rétablissement pour le psilocarphe nain, le collomia délicat et l'antennaire stolonifère sont les suivants :

  1. Accroître la protection[1] de toutes les occurrences existantes d'ici 2012;
  2. Confirmer la répartition des trois espèces et mettre à jour les objectifs en matière de population et de répartition, au besoin, d'ici 2011;
  3. Déterminer de façon fiable les tendances démographiques d'ici 2012;
  4. Évaluer la gravité des principales menaces qui pèsent sur les populations (perte ou dégradation de l'habitat, espèces exotiques, changements de la dynamique ou des processus écologiques naturels) d'ici 2012;
  5. Déterminer les facteurs écologiques nécessaires au maintien de la population d'ici 2012;
  6. Déterminer le caractère réalisable et la nécessité du rétablissement de populations dans des parcelles d'habitat convenable d'ici 2012.

Les stratégies générales pour lutter contre les menaces et répondre aux objectifs en matière de rétablissement comprennent la communication et la sensibilisation, la protection et l'intendance de l'habitat, la gestion des sites, l'inventaire, le suivi, la recherche scientifique et l'amélioration des populations.

Pour le moment, l'habitat essentiel ne peut être désigné en raison d'un manque de renseignements généraux et de renseignements propres aux sites en ce qui concerne les besoins en matière d'habitat de l'espèce. L'habitat essentiel sera désigné ultérieurement dans un plan d'action pour le rétablissement.

Les mesures de rétablissement pourraient avoir une incidence sur les secteurs socioéconomiques suivants : l'aménagement des terres privées, les activités (exploration et extraction) relatives à l’exploitation des ressources de gaz naturel, de pétrole et de charbon, le pâturage du bétail, certaines pratiques de gestion agricoles et l’utilisation récréative des véhicules tout-terrain. Pour l’instant, on ne peut juger de l'ampleur de ces incidences; il en sera davantage question dans le plan d'action pour le rétablissement.

Si les lacunes suivantes en matière de connaissances concernant les espèces en péril visées étaient comblées, cela pourrait influencer la planification du rétablissement et les mesures à adopter.

Un plan d'action sera élaboré d'ici avril 2011.

Contexte

Introduction

Le présent programme de rétablissement plurispécifique a été élaboré en vue de guider le rétablissement de trois espèces de plantes en péril présentes dans une région située au sud de Princeton, en Colombie-Britannique. Les espèces en péril visées sont le psilocarphe nain  (Psilocarphus brevissimus var.brevissimus) - population des montagnes du Sud (ci-après appelé « psilocarphe nain »), le collomia délicat (Collomia tenella) et l'antennaire stolonifère (Antennaria flagellaris) (les statuts sont résumés dans le tableau 1). Toutes les occurrences connues de ces espèces en péril en Colombie-Britannique se trouvent dans la région de Princeton, et les espèces sont confrontées à un certain nombre de menaces et de facteurs limitatifs communs, dont l'extraction du méthane de houille, l’aménagement d’infrastructures relatives au transport, au logement, aux loisirs et au tourisme, et la dégradation de l'habitat. Des approches générales en matière rétablissement sont présentées afin de réduire le risque de disparition des espèces visées au Canada.

En plus de traiter du rétablissement des trois espèces en péril visées, le présent programme recommande le rétablissement de l'écosystème associé. Cette approche fondée sur l'habitat permet de cibler, en plus des espèces en voie de disparition à l'échelle nationale présentes dans le paysage, d'autres espèces non visées, parmi lesquelles on compte un certain nombre d'espèces végétales rares à l'échelle provinciale (dont certaines sont des espèces candidates à l'évaluation du COSEPAC; tableau 3).

Ce rapport commence par une description du paysage de Princeton, laquelle est suivie de renseignements détaillés sur chacune des espèces visées. L’approche plurispécifique permet d’avoir une vision globale des menaces et des facteurs limitatifs, des lacunes dans les connaissances et des mesures achevées ou en cours. Pour terminer, les buts et les objectifs de rétablissement ainsi que l'approche pour la mise en œuvre du rétablissement sont présentés dans une section portant sur le rétablissement. La nomenclature anglaise et latine des espèces suit Douglas et coll. (1998b, 1999).

Tableau 1 . Espèces en péril visées par le présent programme de rétablissement.

 
Espèce Statut selon le COSEPAC Date de la désignation par le COSEPAC Cotes
mondiales et provincialesa
% de l'aire de répartition mondiale situé au Canada
Psilocarphe nain
(Psilocarphus brevissimus var.brevissimus)
En voie de disparition Novembre 2003, confirmé en 2006 G4T4?
S1 (liste rouge)
< 1%
Collomia délicat
(Collomia tenella)
En voie de disparition Novembre 2003 G4?
S1 (liste rouge)
< 1%
Antennaire stolonifère
(Antennaria flagellaris)
En voie de disparition Mai 2004 G5?
S1 (liste rouge)
< 1%

Sources : COSEPAC(2003a, 2003b, 2004, 2006), Douglas et coll. (2003, 2004), Douglas et Penny (2003) et NatureServe (2007).

aPour obtenir de plus amples renseignements, consulter la section « Population et répartition » relative à chaque espèce.

On trouve les trois espèces dans le bassin versant de la rivière Similkameen, dans la région intérieure méridionale de la Colombie-Britannique. Ce bassin versant, tout comme celui de l'Okanagan Sud, a été reconnu pour son importance écologique en tant que région névralgique de la biodiversité (SOSCP, 2003). Ces bassins versants agissent comme corridors de migration pour les espèces entre les prairies sèches de la région intérieure méridionale de la Colombie-Britannique et les steppes à armoise de l'ouest des États-Unis (SOSCP, 2003).

C’est en 1997 que Frank Lomer a découvert l'importance du paysage de Princeton sur le plan botanique. Dans un secteur qu'il décrit comme l'un des plus importants sites de plantes rares en Colombie-Britannique, Frank Lomer (comm. pers., 2005) a noté plusieurs occurrences d'espèces rares de plantes vasculaires, dont certaines étaient vues pour la première fois au Canada (Douglas et coll., 1998a). Il a délimité la zone (environ 5 km2) qu'il considérait comme étant un excellent habitat de plantes rares en se fondant les occurrences d’espèces trouvées qui figuraient sur la liste rouge et la liste bleue de la Colombie-Britannique.

Figure 1. Emplacement de Princeton en Colombie-Britannique (indiqué par une étoile)

La figure 1 est une carte montrant l'emplacement de Princeton, en Colombie-Britannique, à l'aide d'une étoile.

Les occurrences des espèces en péril visées sont situées le long de la route 3, à proximité de la ville de Princeton, à environ 1 km à l'ouest de la rivière Similkameen et au nord du ruisseau Whipsaw. Le paysage se trouve dans une zone de transition graduelle qui va de la partie nord de la chaîne des Cascades au plateau Thompson (Holland, 1964). Cette région naturelle fait partie de l'écodomaine sec et de l’écodivision des steppes semi-arides des hautes terres; elle fait aussi partie du bassin du Columbia, dont la plus grande partie est située dans l'ouest des États-Unis, entre la Sierra Nevada (Californie) et les montagnes Rocheuses (SOSCP, 2003).

Le climat de la région est classé dans la zone biogéoclimatique du douglas taxifolié de l’Intérieur, une région très chaude et très sèche de l'Okanagan (IDFxh1; Loyd et coll., 1990), où le climat est continental, c’est-à-dire caractérisés par des étés chauds et secs, une période de végétation relativement longue et des hivers frais. Le site se trouve à la limite ouest de la répartition des steppes arbustives ouvertes à cette altitude. L'armoise tridentée (Artemisia tridentata), parsemée de pins ponderosa (Pinus ponderosa) et de douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii), domine le paysage (Douglas et coll., 2004).

Cette petite région offre un habitat non seulement aux populations des trois espèces visées, en voie de disparition à l'échelle nationale (résumé des renseignements sur les populations, tableau 2), mais également à au moins huit espèces végétales rares à l'échelle provinciale (tableau 3). Le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique (CDC-CB) ne possède aucune observation d’espèces non végétales figurant sur la liste rouge ou sur la liste bleue (et celle du COSEPAC) pour cette région.

Tableau 2. Données sur les populations canadiennes des espèces en péril visées.

Espèces Population Estimation de la taille de la population Dernière observation Tenure des terres Source
Psilocarphe nain
(Psilocarphus brevissimus var.brevissimus)
Princeton 1 7 200
± 500
2004 Privée CDC-CB, 2008
Princeton 2 11 775
2 groupes
2004 Privée CDC-CB, 2008
Collomia délicat
(Collomia tenella)
Princeton 3 127* 2003 Privée CDC-CB, 2008
Antennaire stolonifère (Antennariaflagellaris) Princeton 4 1,4 million**
± 100 000
11 sous-populations
2003 Privée CDC-CB, 2008
Princeton 5 5 000
5 sous-populations
2003 Privée Douglas et coll., 2004

*Aucune occurrence observée en 2004 (CDC-CB, 2008).
**Estimation de 2002.

Tableau 3. Autres espèces rares à l'échelle provinciale présentes dans la région de Princeton.

Nom commun Nom scientifique Statut à l'échelle provinciale Source Remarques
1. Vulpin de Caroline Alopecurus carolinianus S2 (liste rouge) CDC-CB, 2008 3 populations,
baissières et mares printanières
2. Renouée à fleurs entassées Polygonum polygaloides ssp.confertiflorum S1 (liste rouge) CDC-CB, 2008 Baissières printanières
3. Castilléjie de Cusick Castilleja cusickii S1 (liste rouge) CDC-CB, 2008 Baissières printanières
4. Chénopode noirâtre Chenopodium atrovirens S1 (liste rouge) CDC-CB, 2008 Sur les pentes sèches sujettes à l’érosion
5. Gayophyton nain* Gayophytum humile S2S3 (liste bleue) CDC-CB, 2008  
6. Renouée à fleurs entassées Polygonum polygaloides ssp.confertiflorum S2S3 (liste bleue) CDC-CB, 2008 3 populations,
baissières printanières, zones de suintement et dépressions
7. Mélique bulbeuse* Melica bulbosa var.bulbosa S2 (liste rouge) CDC-CB, 2008  
8. Carex vallicole* Carex vallicola var.vallicola S1 (liste rouge) CDC-CB, 2008  

*Espèces potentiellement en péril au Canada; espèces candidates à l'évaluation du COSEPAC(CDC-CB, 2005).

D’importants microsites du paysage possèdent des régimes d'humidité des sols particuliers :

Psilocarphe nain

Évaluation de l’espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation : Avril 2006

Nom commun (population) : Psilocarphe nain, population des montagnes du Sud

Nom scientifique : Psilocarphus brevissimus var. brevissimus

Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2003. Renommée psilocarphe nain (population des montagnes du Sud) en avril 2006 et désignée « en voie de disparition ». Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Justification de la désignation : Une plante herbacée annuelle restreinte à une très petite aire de répartition et présente seulement dans trois petits sites sur des terres privées dans l’aire écologique des montagnes du Sud du COSEPACen Colombie-Britannique. La taille de la population est exposée à des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures en raison des variations des niveaux de précipitations. La population est menacée par des facteurs comme l’accroissement de l'aménagement des terres de la région et les pratiques d'utilisation des terres.

Sommaire tiré de COSEPAC(2006).

Description

Le psilocarphe nain est une plante herbacée dont les tiges de 8 cm à 20 cm, à la pubescence laineuse-soyeuse, sont couchées et entremêlées (les formes naines peuvent avoir une simple tige droite); la racine est courte et pivotante (figure 2). Les feuilles, opposées, sont lancéolées, oblancéolées ou lancéolées triangulaires, et recouvertes d'une pubescence laineuse blanchâtre. Les feuilles font de 4 mm à 15 mm de longueur et 1,5 mm de largeur. La plante est dépourvue de feuilles basilaires. Les capitules disciformes (ronds et aplatis), isolés, se forment à l’aisselle des feuilles ou à l’extrémité des rameaux. Les capitules sont dépourvus d'involucre (collerette de bractées entourant le capitule) mais sont entourés de bractées (portées par le réceptacle) en forme de capuchon ou de ballon et d'une longueur de 2,5 mm à 4,0 mm à maturité. Les capitules regroupent habituellement de 50 à 80 fleurs femelles (rarement aussi peu que 20 dans les formes naines) [Douglas et coll., 1998b].

Figure 2. Psilocarphe nain (photo : Carol Witham).

La figure 2 est une photographie d'un psilocarphe nain.
Populations et répartition

Le psilocarphe nain atteint la limite nord de son aire de répartition au Canada, dans le sud de la Colombie-Britannique, de l'Alberta et de la Saskatchewan. En Colombie-Britannique, cette espèce ne pousse que dans la vallée de la rivière Similkameen, au sud de Princeton (figure 1; Douglas et coll.,1998a, 2003). Dans les Prairies canadiennes, on trouve le psilocarphe nain dans l'extrême sud-est de l'Alberta et dans l'extrême sud-ouest de la Saskatchewan (populations auparavant associées à Psilocarphus elatior; Douglas et coll., 2001; J. Gould, comm. pers., 2005).
                             
À l'échelle mondiale, la présence de Psilocarphus brevissimus var. brevissimus est limitée à l'ouest de l'Amérique du Nord. Aux États-Unis, la plante est présente dans plusieurs États : Californie, Idaho, Montana, Nevada, Oregon, Utah, Washington et Wyoming (Cronquist et coll., 1994).

Dans l'État de Washington, le psilocarphe nain est commun dans les mares printanières sur le plateau du Columbia (Björk et Dunwiddie, 2004). La population du comté de Lincoln (É.-U.) est la population américaine connue la plus proche (environ 250 kilomètres au sud) des occurrences présentes en Colombie-Britannique (Douglas et coll., 2003). Dans le Montana, le psilocarphe nain est rare. La population située près de Great Falls (Montana) est la population américaine connue la plus proche (soit environ 170  km au sud-ouest) des populations de l'Alberta et de la Saskatchewan (Montana Natural Heritage Program, 2005).

Les cotes de conservation attribuées au psilocarphe nain à l'échelle mondiale, nationale et infranationale sont les suivantes : à l’échelle mondiale, G4T4? (apparemment non en péril); au Canada, NNR (non évalué); aux États-Unis, NNR (non évalué). L'espèce est cotée S1 (gravement en péril) en Colombie-Britannique et S2 (en péril) en Alberta. Aux États-Unis, l'espèce est cotée S2 en Idaho, au Montana et au Wyoming. Elle n'a pas encore été évaluée dans les états suivants : Californie, Nevada, Oregon, Utah et Washington. Les cotes sont tirées de NatureServe (2007), COSEPAC(2003a), Vujnovic et Gould (2002) et Douglas et coll. (2001).

Deux populations de psilocarphes nains ont été observées en Colombie-Britannique (CDC-CB, 2008; tableau 2). La taille des populations de cette herbacée annuelle est intimement liée aux variations des précipitations annuelles (Bauder, 2000). Ce phénomène est typique des plantes associées aux mares printanières (Griggs et Jain, 1983). La première population, « Princeton 1 », est divisée en deux groupes. Cette population est passée de 450 plants en 2003, à environ 7 200 plants en 2004 (CDC-CB, 2008). La taille de la deuxième population, « Princeton 2 », a fluctué de façon spectaculaire au cours des dernières années. En 1997, la population comptait « quelques milliers de plantes »; en 2000, elle est passée à plus de 10 000. En 2002, elle a atteint « un à deux millions de plantes ». En 2003, qui fut une année de sécheresse, la population a diminué au point de ne plus compter que « plusieurs centaines de plantes ». En 2004, la taille de la population atteignait 11 775 plantes (CDC-CB, 2008)

La présence de cette espèce en Colombie-Britannique avant 1997 n'étant pas connue (Douglas et coll., 1998a), les tendances à long terme sont inconnues. L’espèce pourrait être passé inaperçue dans le passé à cause des fluctuations de la taille des populations d'individus matures, fluctuations attribuables à la stratégie de reproduction annuelle de l’espèce. Si tel est effectivement le cas, les tendances de la taille des populations et de la zone d'occupation ne peuvent pas être connues.

Besoins du psilocarphe nain

Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat
Le psilocarphe nain pousse sur les lits séchés de mares printanières (Hitchcock et Cronquist, 1973). Keeley et Zedler (1998) définissent les mares printanières comme des milieux humides saisonniers remplis par l'eau des précipitations, caractérisés par une période d’inondation survenant au moment où la température est suffisante pour la croissance des plantes, suivie d'une brève période durant laquelle le sol est gorgé d'eau et, finalement, par une période prolongée de sécheresse extrême du sol.

En Colombie-Britannique, les populations du psilocarphe nain sont présentes dans les mares printanières et sur les berges d'étangs éphémères. Les sites ont des fonds argileux calcaires; le sol est humide au printemps, et il est sec, dur et craquelé en été (Douglas et coll., 2003; F. Lomer, comm. pers., 2005). Les mares printanières sont présentes dans les grandes clairières où la végétation est dominée par la plagiobothryde de Scouler (Plagiobothrys scouleri) et la renouée à fleurs entassées (Polygonum polygaloides ssp.confertiflorum). Parmi les autres espèces qui se trouvent à proximité des mares printanières, on retrouve la danthonie à épillet solitaire (Danthonia unispicata), la ratoncule naine (Myosurus minimus), le vulpin de Caroline (Alopecurus carolinianus), la gnaphale palustre (Gnaphalium palustre) et la deschampsie fausse-danthonie (Deschampsia danthonioides) [Douglas et coll., 2003].

Le psilocarphe nain est considéré comme une espèce spécialiste des mares printanières (Schlising et Sanders, 1982; Keeley et Zedler, 1998; Bauder, 2000). Sa tolérance aux inondations lui permet de supplanter les espèces vivaces des prairies, et sa tolérance au dessèchement du sol et à la chaleur durant les sécheresses estivales lui permettent de prospérer là où les espèces aquatiques et de milieux humides ne le peuvent pas (Bauder, 2000). Des études expérimentales ont toutefois montré que l'espèce pousse mieux dans les secteurs où le sol est dénudé ou aux endroits où la compétition des autres espèces est moindre (Moore et coll., 2001).

On croit que cette espèce annuelle se reproduit par autopollinisation (Douglas et coll., 2003) ou par reproduction asexuée (Cronquist, 1950). Keeley et Zedler (1998) ont identifié quatre étapes dans le cycle annuel des mares printanières : (1) une phase de mouillage; (2) une phase d'inondation (dite aussi « aquatique »); (3) une phase d'imbibition du sol (dite aussi « terrestre ») et (4) une phase de sécheresse. Chez les espèces des mares printanières, la germination a généralement lieu pendant les phases de mouillage ou d'inondation. La floraison commence au cours de la transition vers la phase d'imbibition du sol qui, dans la région de Princeton, a lieu en juin. La mise à fruit se fait pendant la phase de sécheresse (Douglas et coll., 2003).

La persistance de cette espèce annuelle dans les sites de mares printanières repose sur un réservoir de semences. L'importance du réservoir de semences, qui permet aux populations du psilocarphe nain de se rétablir après une perturbation, a été montrée de façon expérimentale (Cox et Austin, 1990). Les oiseaux sont très probablement les agents de dispersion à longue distance des graines (Silveira, 1998).

Collomia délicat

Évaluation de l’espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation : Novembre 2003

Nom commun : Collomia délicat

Nom scientifique : Collomia tenella

Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2003. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Justification de la désignation : Une annuelle présente en un seul site sablonneux près de Princeton, en Colombie-Britannique. La population fluctue grandement d'une année à l'autre. Les phénomènes stochastiques constituent une menace, tout comme le font l’aménagement des bords de route, l’enlèvement du sable et l’envahissement par les espèces exotiques.

Sommaire tiré de COSEPAC(2003b)

Description

Le collomia délicat est une herbacée annuelle à racine pivotante et à tige très ramifiée, ascendante à étalée, pouvant atteindre 15 cm de hauteur, pourvue de glandes pédonculées sur au moins la partie supérieure (figure 3). Les feuilles alternes, linéaires et entières ont une longueur de 1 cm à 5 cm et une largeur de 1 mm à 5 mm. Les fleurs, isolées ou en paires, sont présentes le long des tiges et aux extrémités (elles semblent apparaître à la fourche des ramifications et à l’aisselle des feuilles). La corolle, rosâtre à blanche, a une longueur de 4 mm à 6 mm. Le court tube de la corolle s’évase en cinq lobes. Le calice, dont la longueur est égale à la moitié ou au tiers de celle de la corolle, est formé de sépales qui se recourbent vers l’extérieur et dont les sinus présentent souvent des protubérances violacées. Le calice est pourvu de dents triangulaires longues de 1 mm à 2 mm. La capsule a des loges à une seule graine; les graines relâchées deviennent collantes lorsqu'elles sont mouillées (Douglas et coll., 1999).

Figure 3. Collomia délicat (photo : James L. Reveal).

La figure 3 est une photographie d'un collomia délicat.
Populations et répartition

Le collomia délicat atteint la limite nord de son aire de répartition au Canada, en Colombie-Britannique, où il est rare. La plante ne pousse que dans la vallée de la rivière Similkameen, au sud de Princeton (figure 1; Douglas et coll., 1998a; Douglas et Penny, 2003).

À l'échelle mondiale, on ne trouve le collomia délicat que dans l'ouest de l'Amérique du Nord. Aux États-Unis, la plante est présente dans plusieurs États : Idaho, Nevada, Oregon, Utah, Washington et Wyoming (NatureServe, 2007).

Dans l'État de Washington, le collomia délicat est peu commun, mais répandu et localisé. Une des populations se trouve le long de la Lost River Trail (sentier de la rivière Lost), non loin de la confluence des rivières Lost et Methow, dans une forêt ouverte de conifères (G. Wooten, comm. pers., 2005). Cette population se trouve à environ 70 km au sud de la population canadienne du site de Princeton. Les populations de l'État de Washington de cette espèce pourraient théoriquement contribuer au « sauvetage » des populations canadiennes si les graines collantes étaient transportées par des animaux ou des véhicules.

Les cotes de conservation à l'échelle mondiale, nationale et infranationale du collomia délicat sont les suivantes : à l'échelle mondiale, G4? (apparemment non en péril); à l'échelle nationale au Canada, N1 (gravement en péril); aux États-Unis, le statut n'a pas encore été évalué. En Colombie-Britannique, la cote de l’espèce est S1 (gravement en péril). L’espèce est classée S2? (en péril) en Utah et S3 (vulnérable) au Wyoming. Le statut n'a pas encore été évalué dans les états suivants : Idaho, Nevada, Oregon et Washington. Les cotes sont tirées de NatureServe (2007).

Une population (Princeton 3) de collomia délicat été découverte au Canada (tableau 2), mais aucune occurrence n'a été observée en 2004 (CDC-CB, 2008). Comme cette espèce n'était pas connue en Colombie-Britannique avant 1997, les tendances à long terme sont inconnues (Douglas etcoll., 1998a). La taille de la population de cette espèce annuelle a fluctué au cours des dernières années (tableau 4; Douglas et Penny, 2003; CDC-CB, 2008).

Tableau 4. Taille de la population du collomia délicat, de 1997 à 2004 (Douglas et Penny, 2003; CDC-CB, 2008).

Année Taille de la population
1997 10
2000 1
2002 0
2003 127
2004 0
Besoins du collomia délicat

Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat
Douglas et Penny (2003) décrivent l'habitat du collomia délicat en Colombie-Britannique, comme suit :

“« … les fortes pentes érodées, orientées au sud-est, d’une crête de sable fin d’origine fluvio-glaciaire datant de la dernière glaciation. Le recouvrement végétal est faible, d’environ 20p. 100. »

La végétation associée comprend l'amélanchier à feuilles d'aulne (Amelanchier alnifolia) et une diversité d'herbacées : balsamorhize à feuilles sagittées (Balsamorhiza sagittata), astragale prostré (Astragalus miser), collomia à feuilles linéaires (Collomia linearis), phacélie linéaire (Phacelia linearis), lupin soyeux (Lupinus sericeus), linaire à feuilles larges*(Linaria genistifoliassp. dalmatica), brome des toits* (Bromus tectorum), agropyre à épi (Pseudoroegneria spicata). Des douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii) et des pins ponderosa (Pinus ponderosa) parsèment la crête (Douglas et Penny, 2003).

Dans l'État de Washington, le collomia délicat pousse le long de sentiers peu perturbés et sur les pentes de la zone montagnarde inférieure. L’espèce occupe des habitats semblables à ceux de la collinsie à petites fleurs (Collinsia parviflora) ainsi que les pentes boisées, les taillis et les secteurs ouverts où pousse le némophile à pétales courts (Nemophila breviflora) (Hitchcock et coll., 1959; G. Wooten, comm. pers., 2005).

D'autres espèces annuelles du genre Collomia sont autocompatibles et autogames (Wilken, 1993). Les graines sont collantes lorsqu'elles sont mouillées et peuvent, par conséquent, être dispersées par les animaux (Douglas et Penny, 2003). La persistance de cette espèce annuelle dans les sites repose sur un réservoir de semences.

On connaît peu de chose sur les habitats occupés par le collomia délicat; les besoins en matière d'habitat de l'espèce au Canada ne peuvent donc pas être généralisés.

* Espèces non indigènes.

Antennaire stolonifère

Évaluation de l’espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation : Mai 2004

Nom commun : Antennaire stolonifère

Nom scientifique : Antennaria flagellaris

Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2004. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Justification de la désignation : Plante vivace dont la durée de vie est courte et qui n'est présente qu'à trois emplacements géographiquement limités occupant de très petites superficies de milieux humides éphémères situés sur des terres privées. L'utilisation des VTT, évidente à proximité immédiate des populations, lui fait courir les plus grands risques. Les changements de l’hydrologie des eaux souterraines et les impacts à la surface du substrat, causés par des activités d'aménagement accrues dans la région, telles que la production proposée de méthane de gisements houillers, représentent d'autres menaces.

Sommaire tiré de COSEPAC(2004).

Description

L'antennaire stolonifère est une herbacée vivace à courte durée de vie, qui pousse à partir d'une racine fibreuse. Ses nombreuses tiges dressées simples, pourvues d'une pubescence laineuse soyeuse, atteignent une hauteur de 0,5 cm à 3,5 cm (figure 4). La plante produit de minces stolons nus (à l'exception des pointes) qui peuvent atteindre 10 cm de longueur. Les feuilles basilaires sans pédoncules sont linéaires à linéaires-oblancéolées, couvertes d’une pubescence laineuse-soyeuse, et ont une longueur de 1 cm à 3 cm et une largeur de 0,5 mm à 2 mm. Les feuilles de la tige sont semblables, mais elles sont légèrement plus petites vers le haut. Les inflorescences sont des capitules solitaires terminaux. Les involucres (collerette entourant le capitule) des capitules pistillés font de 7 mm à 13 mm, et sont constitués de bractées lancéolées teintées de brun ou de brun rougeâtre et garnies à la base d’une fine pubescence laineuse. Les involucres des capitules staminés font de 4 mm à 7 mm, et sont formés de bractées translucides à pointe brunâtre. Les fleurs femelles font de 5 mm à 7 mm et les fleurs mâles, de 3 mm à 4,5 mm. Les fruits sont des akènes elliptiques, verruqueux, longs de 2 mm à 3 mm. L’aigrette (écailles, soies ou poils à l'extrémité de la graine) de 6 mm à 8 mm est blanche et pourvue de fines soies (Douglas et coll., 1998b).

Figure 4. Antennaire stolonifère (photo : Mark Turner).

La figure 4 est une photographie de l'antennaire stolonifère.
Populations et répartition

L'antennaire stolonifère atteint la limite nord de son aire de répartition au Canada, en Colombie-Britannique, où il est rare. La plante ne pousse que dans la vallée de la rivière Similkameen, au sud de Princeton (figure 1; Douglas et coll., 1998a, 2004).

À l’échelle mondiale, on ne trouve l'espèce que dans l'ouest de l'Amérique du Nord. Aux États-Unis, la plante est présente dans plusieurs États : Californie, Idaho, Nevada, Oregon, Washington et Wyoming (Cronquist et coll., 1994). Dans l'État de Washington, l'antennaire stolonifère est largement répandue, mais en groupes localisés (G. Wooten, comm. pers., 2005). La population américaine connue la plus proche se trouve à environ 70 km au sud des populations canadiennes; elle est située à 8 km au nord-est de Mazama, dans l'État de Washington, où elle occupe des sols rouges issus de dépôts marins d’origine volcanique (G. Wooten, comm. pers., 2005). Comme l’espèce est dispersée par le vent, cette population américaine pourrait possiblement contribuer au « sauvetage » des populations canadiennes. Cette éventualité était auparavant considérée comme peu probable, car l’occurrence américaine la plus proche était située à au moins 190 km au sud des populations canadiennes (Douglas et coll., 2004).

Les cotes de conservation à l'échelle mondiale, nationale et infranationale de l'antennaire stolonifère sont les suivantes : à l'échelle mondiale, G5? (non en péril); au Canada et aux États-Unis, NNR(non évaluée). En Colombie-Britannique, cette espèce est classée S1(gravement en péril), en Californie, S3 (vulnérable) et au Wyoming, S1S2(gravement en péril à en péril). Le statut n'a pas encore été évalué dans les États suivants : Idaho, Oregon et Washington; l'espèce n'est pas répertoriée au Nevada (NatureServe, 2007).

Dans le rapport de situation du COSEPAC, trois populations canadiennes de l'antennaire stolonifère avaient été identifiées (Douglas et coll., 2004). Depuis, le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique a réinterprété les données sur les populations et a déterminé qu’il existe deux populations de l'espèce au Canada (tableau 2; CDC-CB, 2008). En 2003, la première population, « Princeton 4 », était constituée d'environ 1,4 million d'individus répartis dans 11 sous-populations. La même année, la deuxième population, « Princeton 5 », était constituée d'environ 5000 individus répartis dans 5 sous-populations. Même si certaines populations ont été visitées plus d’une fois, on ne peut déterminer les tendances à court terme, en raison du manque d’uniformité des méthodes utilisées pour les relevés (CDC-CB, 2008).

La présence de cette espèce en Colombie-Britannique avant 1997 n'étant pas connue (Douglas et coll., 1998a), les tendances à long terme sont inconnues. L'espèce pourrait être passé inaperçue dans le passé, peut-être parce qu’elle occupe des terres privées ou à cause des fluctuations de la taille des populations d'individus matures, fluctuations attribuables à la courte durée d’une génération; dans ce dernier cas, les tendances en matière de taille des populations et de zone d'occupation demeurent inconnues.

Besoins de l'antennaire stolonifère

Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat
En Colombie-Britannique, les populations de l'antennaire stolonifère occupent des secteurs de pente faible ou nulle situés dans une matrice de steppe arbustive dominée par l’armoise tridentée (Artemisia tridentata) et parsemée de pins ponderosa (Pinus ponderosa) et de douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii). L'antennaire stolonifère pousse sur des pentes modérées exposées au sud. Les sites occupés ont un régime hydrologique distinct, caractérisé par des suintements hivernaux éphémères, suivis d'un assèchement au début de l'été. Le régime d'humidité du sol est associé à un phénomène d'érosion (un lent mouvement glissement du sol vers l’aval de la pente). Par conséquent, les sites ont des sols minéraux exposés et sont couverts d'une végétation clairsemée (Douglas et coll., 2004).

Dans l'État de Washington, on trouve l'antennaire stolonifère en milieu ouvert, dans des sols secs et rocheux, humides au printemps, de la steppe à armoise. (Turner et Gustafson, 2006).

L'espèce est dioïque (les fleurs mâles et femelles sont portées par des plants distincts). La pollinisation s'effectue grâce au vent et les graines sont produites par reproduction sexuée (pollinisation croisée) (Bayer et coll., 1996). Les nombreuses soies des akènes matures facilitent leur dispersion par le vent. Les plantes se reproduisent également de façon végétative, en produisant des stolons portant une plantule terminale. Au début, le plant-mère fournit les éléments nutritifs aux plantules par l'intermédiaire du stolon. Les plant-filles, génétiquement identiques au plant-mère, deviennent autonomes lorsque le stolon meurt. Ce mode de reproduction n’assure qu’une dispersion très restreinte, la longueur des stolons ne dépassant pas 10 cm (Douglas et coll., 1998b).

Sur le plan génétique, une certaine endogamie fonctionnelle a été observée dans les populations de l’Oregon et de la Californie. En effet, la diversité génétique inter-population et la diversité génétique intra-populations y seraient relativement semblables, ce qui indique que les populations périphériques de la Californie ne seraient pas génétiquement différentes de celles du centre de l'Oregon (Bayer, 1990).

D’après les habitats où l'espèce a été observée au Canada et ailleurs, l'antennaire stolonifère semble prospérer sur les sites en pente douce dominés par l’armoise, dont les sols sont détrempés au printemps et desséchés en été. La couverture végétale a tendance à être faible. Des études de transplantation menées en Californie indiquent que la composition chimique et les caractéristiques du sol pourraient être des caractéristiques importantes de l'habitat essentiel de l’espèce (Grant, 1989, 1990).

Facteurs limitatifs

La dispersion limitée peut expliquer la très petite zone d'occurrence de ces trois espèces en péril au Canada. Une faible dispersion réduit la probabilité que les populations soient renforcées par des propagules immigrantes, ou que de nouvelles populations s'établissent dans des habitats convenables.

Un recrutement et une reproduction faibles ainsi que des fluctuations de population sont des facteurs limitatifs influant sur la persistance du collomia délicat au Canada, puisqu'aucun individu reproducteur n'a été trouvé en 2004 et que l'on ignore si des individus sont apparus en 2005. À moins que des plants ne germent à partir du réservoir de semences, l'espèce disparaîtra du Canada. La durée de la viabilité des graines du réservoir de semences est inconnue. Les populations du psilocarphe nain et de l'antennaire stolonifère ont tendance à fluctuer selon les conditions climatiques; un recrutement et une reproduction faibles pourraient donc caractériser les années de sécheresse, mais on estime que, chez ces espèces annuelles ou à courte durée de vie, le réservoir de semences pourrait amortir les fluctuations dans une certaine mesure.

Le psilocarphe nain et le collomia délicat se reproduisant vraisemblablement par autopollinisation, l’endogamie est susceptible d’avoir un impact sur la persistance de ces deux espèces au Canada. Des études génétiques des populations seraient nécessaires afin d'évaluer l’ampleur de cet impact. Les populations de l'antennaire stolonifère aux États-Unis sont également touchées par une certaine endogamie fonctionnelle (Bayer, 1990). Les trois espèces en péril visées ont des aires de répartition limitées au Canada. Des aires de répartition petites ou restreintes augmentent la probabilité que des phénomènes catastrophiques fassent disparaître toutes les occurrences de l'espèce sur ce territoire.

Menaces

Les trois espèces sont en péril en raison d'un certain nombre de menaces courantes et potentielles et de limites. Le tableau 5 résume les menaces, leurs risques potentiels et leurs impacts sur le rétablissement. Les menaces sont décrites plus en détails dans les sections suivantes.

Tableau 5. Menaces qui pèsent sur l'habitat et la survie des espèces en péril visées. Version accessible de tableau 5.

Menace Impact potentiel de la menace sur chacune des espèces Impact potentiel de la menace sur
les espèces en péril visées
Psilocarphe nain Collomia délicat Antennaire stolonifère Nature des impacts1 Risque de la menace Effet potentiel
sur le rétablisse-ment
Capacité d'atténuationdes impacts (aspects biologique et technique) Niveau de priorité global de la menace2
Perte ou dégradation del'habitat                
Extraction des ressourcesnaturelles                
  • Pétrole, gaz naturel
élevé élevé élevé S, H moyen? Élevé élevée très élevé
  • Charbon
élevé élevé élevé S, H faible? Élevé élevée élevé
Aménagement des terres                
Tourisme et loisirs élevé élevé élevé S, H moyen? Élevé élevée très élevé
Aménagement résidentiel élevé élevé élevé S, H faible? Élevé élevée élevé
Activités récréatives                
  • Utilisation de véhicules tout-terrain
élevé élevé élevé S, H moyen? élevé élevée très élevé
Pâturage pour bétail moyen? faible? faible? S, H élevé faible? élevée élevé
Enlèvement et dépôt de sols élevé élevé élevé S, H faible? élevé élevée élevé
Espèces exotiquesenvahissantes                
Compétition faible moyen? moyen? S, H moyen? moyen? faible faible
Utilisation d’herbicides non spécifiques élevé élevé élevé S élevé élevé élevée élevé
Perturbation de la dynamique ou des processus écologiques naturels                
Perturbations hydrologiques élevé faible? élevé? S, H faible? élevé élevée élevé
Succession secondaire                
  • Empiétement par des plantes indigènes (en raison de la lutte contre les incendies)
faible moyen? moyen? H faible? moyen? moyenne faible
Phénomènes stochastiques                
  • Feux irréprimés
moyen? moyen? moyen? S faible? élevé? faible faible
  • Sécheresse prolongée
moyen? faible? moyen? S moyen? élevé? nulle faible
Catastrophes climatiques et naturelles                
Changements climatiques mondiaux moyen? faible? moyen? S, H moyen? faible? nulle très faible

1.S = impact sur la survie, H = impact sur l'habitat
2.Fondée sur le système de cotation suivant :

Classification des menaces

Perte ou dégradation de l'habitat
Extraction de ressources naturelles : Le sous-sol des habitats de Princeton occupés par les espèces en péril visées contient des ressources de méthane de houille, importantes sur le plan économique (R. Schmitt, comm. pers., 2005; G. Humphrey, comm. pers., 2005). L'extraction de ces ressources naturelles est sans doute la plus grande menace qui pèse sur les trois espèces. Les préoccupations associées à l'extraction du méthane de houille comprennent le défrichage de grandes surfaces pour y installer des puits (environ 1 ha; R. Schmitt, comm. pers., 2005), la perturbation des eaux souterraines avec des répercussions possibles sur l’hydrologie de surface (Smith, 2005), la pollution éventuelle des eaux de surface (Smith, 2005), la perturbation de la végétation associée aux voies d'accès, et les activités de mise en valeur (qui peuvent inclure l’épandage des « boues de forage » sur de grandes superficies; R. Schmitt, comm. pers., 2005).

Aménagement des terres : Bien qu'elle ne soit pas nécessairement imminente, la menace de perte et de dégradation d'habitat découlant de l’aménagement des terres pourrait être élevée. L’aménagement peut détruire les habitats des espèces et avoir des impacts quasi-irréversibles ou nécessitant la mise en œuvre de mesures d'atténuation ou de rétablissement à long terme.

Activités récréatives : En 2002, les observateurs chargés des relevés sur le terrain ont constaté des traces de passage de véhicules et de motos tout-terrain à proximité des sites. Par exemple, ils ont relevé des traces à quelques mètres de la population « Princeton 4 » de l'antennaire stolonifère (Douglas et coll., 2004). L’absence de clôtures (à l'exception du côté sud) rend facile l’accès au secteur. Les microsites humides ou détrempés saisonniers sont plus à risque de subir des dommages causés par les véhicules. La perturbation des sols et la formation d’ornières peuvent altérer le régime d'humidité du sol ou modifier la configuration de l'érosion, ce qui pourrait contribuer à la dégradation de l'habitat des espèces en péril visées (Douglas et coll., 2004). Une étude de la sensibilité à l'invasion des écosystèmes de mares printanières a montré que les perturbations causées par les véhicules favorisent la prolifération d'espèces exotiques envahissantes dans ces habitats (Björk, 2005).

Pâturage : Le broutage par le bétail est une menace potentielle de dégradation de l'habitat, principalement par la compaction du sol, la dégradation physique des croûtes microbiotiques et l'altération des caractéristiques physiques de l'habitat (Kauffman et Krueger, 1984; Elmore, 1992; van Woudenberg, 1999). Le bétail a déjà considérablement piétiné le site de la population « Princeton 1» du psilocarphe nain (CDC-CB, 2008). Les résultats des études visant à évaluer les effets du broutage sur les complexes de mares printanières ont généralement été non concluants et contradictoires. Par exemple, les impacts sur les espèces végétales peuvent varier de façon marquée selon le moment du broutage (Borgias, 2004). Le broutage peut freiner la croissance vigoureuse de la végétation qui étouffe les jeunes pousses. D'un autre côté, le broutage a été clairement associé à une augmentation de la prolifération d'espèces exotiques dans les écosystèmes de mares printanières (Björk, 2005). Le collomia délicat et l'antennaire stolonifère poussent dans des microsites à la végétation clairsemée et ne semblent pas être touchés par le pâturage du bétail (F. Lomer, comm. pers., 2005).

Enlèvement et dépôt de sols : L'enlèvement ou les dépôts éventuels de sols pourraient également contribuer à la dégradation de l'habitat, en raison des changements qu’ils provoqueraient dans les caractéristiques du sol ou la circulation des éléments nutritifs. Ce type de perturbation n'est pas considéré comme une menace imminente.

Changements de la dynamique ou des processus écologiques naturels
Perturbations hydrologiques
 : Les modifications aux systèmes hydrologiques représentent une menace potentielle pour les espèces en péril visées, particulièrement pour le psilocarphe nain. Le forage de puits, l’installation de systèmes d'irrigation, l’aménagement de routes, le déblayage et le remblayage et la modification des cours d’eau risquent d’altérer le régime hydrologique des microsites qui abritent les espèces en péril visées, ce qui entraînerait une dégradation de leur habitat, laquelle pourrait favoriser le déclin des populations. Les activités extérieures aux sites peuvent donc avoir des effets néfastes marqués sur l'habitat des espèces en péril visées.

Succession secondaire : L'empiétement par la végétation indigène associée à la succession secondaire n’a pas d’effet connu sur les populations des trois espèces en péril, mais il constitue un risque potentiel.

Phénomènes stochastiques : En raison de la petite superficie des aires de répartition canadiennes des espèces en péril visées, des phénomènes stochastiques catastrophiques, comme d’importants feux irréprimés ou des sécheresses prolongées, pourraient entraîner la disparition de ces espèces du Canada.

Espèces exotiques envahissantes
À l'heure actuelle, les espèces exotiques envahissantes ne représenteraient pas une menace sérieuse pour les populations des espèces en péril visées, mais elles représentent une menace potentielle. Le ministère de l'Agriculture et des Terres de la Colombie-Britannique a désigné 21 espèces de plantes comme « mauvaises herbes nuisibles » pour la région de l'Okanagan Sud - Similkameen. (SOSCP, 2003). De nombreuses autres espèces exotiques envahissantes sont également présentes dans la région. La prolifération d'espèces envahissantes peut dégrader l'habitat par exclusion compétitive des espèces indigènes.

Les activités de lutte contre les mauvaises herbes constituent également une menace pour les espèces en péril visées. En vertu de la Weed Control Act (loi sur la destruction des mauvaises herbes), l'occupant d'une terre doit contrôler la croissance et la présence des mauvaises herbes nuisibles sur les terres et autres lieux (Colombie-Britannique, 2004). Les substances chimiques peu spécifiques de lutte contre les mauvaises herbes qui ciblent les espèces latifoliées pourraient probablement détruire des occurrences d'espèces en péril (plants ou populations). Le risque que cela se produise est généralement faible, sauf le long du corridor de transport de l’énergie, où il est plus élevé.

Catastrophes climatiques et naturelles
Les changements climatiques constituent une menace potentielle pour les populations d'espèces en péril visées. En effet, les milieux qu’occupent ces populations sont situés dans la partie septentrionale des aires de répartition des espèces; les conditions climatiques qui prévalent dans ces milieux sont à la limite de ce que les espèces peuvent tolérer, et c’est pourquoi des changements climatiques pourraient provoquer le déclin des populations. Les changements climatiques pourraient également avoir des effets néfastes sur la dynamique des métapopulations, si l’isolement des populations limitrophes des aires de répartition des espèces s’accroît en raison de la perte des habitats centraux.

Mesures déjà achevées ou en cours

À l’heure actuelle, un large éventail d’organismes et de programmes assurent la conservation de la biodiversité naturelle dans les bassins versants de l’Okanagan Sud - Similkameen (pour plus de détails, consulter SOSCP, 2003). Les activités de rétablissement s’appuieront sur ces efforts. Les mesures de rétablissement ciblant spécifiquement les espèces en péril visées n'ont pas encore commencé, mais certains propriétaires fonciers ont déjà été contactés.

Lacunes dans les connaissances

Il existe des lacunes dans les connaissances sur les espèces en péril visées; les combler pourrait influencer la planification du rétablissement et les activités relatives au rétablissement. Les lacunes comprennent :

Rétablissement

Caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement des trois espèces en péril visées est jugé réalisable sur les plans technique et biologique. Des sites existants sont connus pour chaque espèce. Un habitat convenable est disponible dans sites existants et il est possible que de davantage d’habitat convenable soit disponible. Les mesures de rétablissement, telles que les programmes d'intendance et la collaboration avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres, peuvent atténuer les principales menaces. À l'heure actuelle, les techniques de rétablissement sont présumées suffisantes pour protéger les espèces.

Le tableau 6 fait état des critères (Environnement Canada et coll., 2005) utilisés pour déterminer le caractère réalisable du rétablissement.

Tableau 6. Caractère réalisable du rétablissement des espèces en péril visées.

Critères Psilocarphe nain Collomia délicat Antennaire stolonifère
Des individus capables de se reproduire sont disponibles pour soutenir le rétablissement. oui ouia oui
Un habitat est disponible pour le rétablissement ou pourrait être rendu disponible par des mesures de rétablissement. oui oui oui
Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat peuvent être évitées ou atténuées par des mesures de rétablissement. oui oui oui
Les techniques de rétablissement nécessaires existent, et leur efficacité a été démontrée. oui oui oui

aAucune occurrence d'individus reproducteurs n’était connue au Canada en 2004 (Douglas, données inédites). Toutefois, l'espèce étant une plante annuelle, un réservoir de semences viables devrait exister (Douglas et Penny, 2003).

Buts du rétablissement

Les buts du rétablissement pour le psilocarphe nain, le collomia délicat et l'antennaire stolonifère sont les suivants :

  1. Maintenir les populations de la zone d'occupation actuelle;
  2. Maintenir toute nouvelle population localisée.

Justification des buts du rétablissement

Comme les espèces ne sont étudiées que depuis 1997 et comme il n'existe pas de données sur les tendances des populations de l'une ou l'autre de ces espèces, les tendances historiques en matière de répartition et de taille des populations ne sont pas connues. Il est probable que ces espèces soient naturellement rares dans la province et qu’elles le demeureront.

Des relevés supplémentaires sont nécessaires pour découvrir de nouvelles populations de toutes ces espèces et le suivi des populations existantes est essentiel pour déterminer les tendances des populations. Les espèces visées étant deux annuelles et une vivace de courte durée de vie, la taille des populations est sujette à des fluctuations annuelles. Il n'est donc pas possible, à l'heure actuelle, de déterminer des cibles quantitatives de population pour ces espèces.

Objectifs du rétablissement

Les objectifs du rétablissement pour le psilocarphe nain, le collomia délicat et l'antennaire stolonifère sont les suivants :

  1. Accroître la protection[2] de toutes les occurrences existantes d'ici 2012;
  2. Confirmer la répartition des trois espèces et mettre à jour les objectifs en matière de population et de répartition, au besoin, d'ici 2011;
  3. Déterminer de façon fiable les tendances démographiques d'ici 2012;
  4. Évaluer la gravité des principales menaces qui pèsent sur les populations (perte ou dégradation de l'habitat, espèces exotiques, changements de la dynamique ou des processus écologiques naturels) d'ici 2012;
  5. Déterminer les facteurs écologiques nécessaires au maintien de la population d'ici 2012;
  6. Déterminer le caractère réalisable et la nécessité du rétablissement de populations dans des parcelles d’habitat convenable d'ici 2012.

Approches recommandées pour l’atteinte des objectifs du rétablissement

Tableau de planification du rétablissement

Les approches recommandées pour le rétablissement des trois espèces sont décrites dans le tableau 7.

Tableau 7. Tableau de planification du rétablissement

Priorité Objectif Approche globale Menace visée Approches recommandées
Urgent 1 Communication et sensibilisation Perte ou dégradation de l'habitat
  • Élaborer et mettre en œuvre des plans de communication pour favoriser la collaboration des propriétaires fonciers et d'autres intervenants.
  • Demander que les tenures relatives au gaz naturel associé au charbon et au pétrole tiennent compte des préoccupations touchant les espèces en péril visées et les éléments rares.
Urgent 1 Protection de l'habitat et intendance Perte et dégradation de l'habitat
  • Déterminer une stratégie de protection appropriée en collaboration avec les propriétaires fonciers.
  • Recenser les organismes capables de mettre en œuvre une stratégie de protection et communiquer avec eux.
Nécessaire 1, 4 Gestion des sites Perte et dégradation de l'habitat; espèces exotiques envahissantes, succession secondaire; phénomènes stochastiques (feux irréprimés)
  • Effectuer le suivi des sites pour évaluer l'impact des menaces sur les populations.
  • Élaborer, mettre en œuvre et adapter un plan de gestion, au besoin, en collaboration avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires.
  • Effectuer le suivi des sites pour observer les réactions des espèces et de l'habitat.
  • Établir des rapports sur le plan de gestion et les résultats.
Nécessaire 2 Cartographie et relevés sans objet (s.o.)
  • Faire des relevés, dans le paysage et dans les secteurs adjacents, pour trouver les espèces en péril visées et les espèces qui figurent sur la liste rouge et sur la liste bleue, afin de s'assurer que tous les éléments rares ont été identifiés.
  • Achever la cartographie détaillée du paysage ainsi que des caractéristiques des sites et des éléments rares associés.
  • Repérer et cartographier, dans la région, les secteurs d’habitat potentiellement convenable pour les espèces en péril visées.
  • Effectuer des relevés dans l’habitat potentiel pour repérer les espèces en péril visées au Canada.
Nécessaire 1, 3 Suivi Toutes
  • Élaborer et mettre en œuvre un protocole de suivi normalisé.
  • Effectuer un compte-rendu annuel des résultats de suivi et évaluer, tous les cinq ans, les tendances des populations, les zones d'occupation et la condition de l’habitat.
  • Faire le suivi des sites afin d'évaluer les effets des mesures et adapter la gestion en fonction des résultats observés.
  • Transmettre toutes les données au CDC de la Colombie-Britannique.
Nécessaire 3, 5 Recherche écologique s.o.
  • Effectuer des recherches pour caractériser : les pollinisateurs des espèces en péril visées, le potentiel de dispersion, les caractéristiques des réservoirs de semences et les conditions de germination.

 

Bénéfique 1, 6 Amélioration des populations s.o.
  • Utiliser l'information acquise par les recherches écologiques pour consolider les stades critiques du cycle vital, afin de maintenir les populations conformément aux buts du rétablissement (particulièrement pour le collomia délicat).
  • Réintroduire les espèces (si cela est jugé réalisable) dans des sites présentant un habitat convenable.

Mesures de rendement

La mesure du succès des activités de rétablissement visant l'atteinte des buts du rétablissement se fera principalement au moyen d'un suivi régulier des populations des espèces en péril visées. L’atteinte des objectifs du rétablissement doit également être évaluée pour s'assurer que le programme de rétablissement a été mis en œuvre de façon adéquate. Les critères d'évaluation sont définis ci-dessous :

Habitat essentiel

L'habitat essentiel est défini comme étant « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce » (Environnement Canada et coll., 2004).

Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

L’habitat essentiel ne peut être désigné pour aucune des trois espèces en péril pour le moment, en raison du manque de renseignements sur les caractéristiques (générales et propres à un site) de l’habitat. L'habitat essentiel devrait être désigné dans un plan d'action pour le rétablissement à la suite : 1) de consultations et de l'élaboration des mesures d'intendance avec les propriétaires fonciers et les organismes concernés; et 2) de l’achèvement des travaux en cours requis pour quantifier les besoins particuliers des espèces en matière d'habitat (caractéristiques et superficie). Un calendrier des études indiquant les travaux nécessaires pour désigner l’habitat essentiel est présenté ci-dessous.

Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel
  1. À l'aide de techniques de relevés et cartographie éprouvées (utilisées durant les périodes phénologiques appropriées), délimiter toutes les parcelles d’habitat occupées. Calendrier : 2011-2012.
  2. Décrire les caractéristiques de toutes les parcelles d’habitat occupées (p. ex.texture du sol, régime d'humidité du sol, durée d'exposition et d'inondation, propriétés chimiques du sol, couverture végétale) et identifier tout l’habitat occupé. Calendrier : 2011-2012.
  3. Déterminer, cartographier et décrire toutes les parcelles intactes d’habitat potentiel qui ne sont pas actuellement occupées par les espèces en péril. Évaluer le potentiel de ces parcelles pour les trois espèces visées ainsi que pour d'autres espèces en péril. Calendrier : 2011-2012.

Approches existantes et recommandées en matière de protection de l’habitat

À l'heure actuelle, toutes les occurrences des espèces en péril visées en Colombie-Britannique se trouvent dans le paysage de Princeton, sur des terres privées.

L'intendance et la protection de l'habitat des espèces en péril visées pourraient être gérées par le programme de communication avec les propriétaires fonciers du South Okanagan-Similkameen (SOS) Stewardship Program, tel qu’il est administré par The Land Conservancy. The Land Conservancy s’occupe actuellement de la conservation de la biodiversité naturelle dans les bassins versants de la région de l’Okanagan Sud - Similkameen (pour plus de détails, consulter SOSCP, 2003). De nombreux programmes ont déjà fait leurs preuves dans cette région; le présent programme de rétablissement devrait donc être intégré aux autres activités de conservation.

La protection de l'habitat des espèces en péril visées devrait être entreprise en collaboration avec les propriétaires de terres privées. La participation des propriétaires des sites où se trouvent les espèces en péril visées est essentielle au rétablissement de ces espèces, qu’on ne trouve pas sur les terres publiques. Les intervenants, tels que les détenteurs de titres ou de permis d’exploitation des ressources naturelles, les résidents de la région et les autres parties intéressées, devraient également être encouragés à participer au processus.

Approche d'intendance
Pour réussir la mise en œuvre des mesures de protection des espèces en péril, il sera très important d'exercer une intendance sur les différents régimes fonciers. L'intendance suppose la coopération volontaire des propriétaires fonciers aux mesures de protection des espèces en péril et des écosystèmes desquels elles dépendent. Le préambule de la Loi sur les espèces en péril du Canada énonce « que les activités d'intendance visant la conservation des espèces sauvages et de leur habitat devraient bénéficier de l'appui voulu » et « que tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la conservation des espèces sauvages, notamment en ce qui a trait à la prévention de leur disparition du pays ou de la planète ». L'entente Canada - Colombie-Britannique sur les espèces en péril reconnaît qu'une intendance de la part des propriétaires et des utilisateurs des terres et des eaux est essentielle pour éviter que les espèces ne deviennent en péril et pour protéger et rétablir les espèces qui le sont; il reconnaît de plus que les mesures de coopération volontaires constituent la première approche à adopter pour assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril.

Approche d'intendance pour les terres privées
D'autres populations des espèces visées peuvent se trouver sur des terres privées. Comme c'est le cas avec d’autres espèces en péril découvertes sur des propriétés privées, les activités d'intendance seront déterminantes. Pour réussir à protéger de nombreuses espèces en péril en Colombie-Britannique, les propriétaires fonciers devront prendre des initiatives volontaires visant la conservation de parcelles d’écosystèmes naturels qui abritent ces espèces en péril. Cette approche d'intendance portera sur de nombreux types d'activités, telles que le respect de lignes directrices ou de pratiques exemplaires de gestion visant à soutenir les espèces en péril, la protection volontaire d'importantes parcelles d'habitat sur les terres privées, l’inclusion de clauses de conservation aux titres de propriété, le don écologique d'une partie ou de la totalité de terres privées pour protéger certains écosystèmes ou certaines espèces en péril, et la vente de propriétés privées à des fins de conservation. En Colombie-Britannique, les mesures de conservation des terres mises en œuvre par les organismes gouvernementaux et par les organisations non gouvernementales ont connu un succès appréciable.

Effets sur les espèces non ciblées

Les activités de rétablissement ciblant les espèces en péril visées devraient avoir des effets bénéfiques ou neutres sur les populations des espèces de plantes vasculaires figurant sur la liste rouge ou la liste bleue et présentes dans le paysage de Princeton (énumérées au tableau 3), parce que ces plantes sont en péril en raison de menaces similaires.

Selon le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique, les seules espèces rares répertoriées dans la région sont des plantes. On peut présumer que la région fournit de l’habitat à des espèces sauvages plus communes, mais aucune donnée sur ce sujet n’est disponible pour le moment.

Considérations socioéconomiques

Les mesures de rétablissement pourraient avoir des incidences sur les secteurs socioéconomiques suivants : aménagement des terres privées; exploitation (exploration et extraction) des ressources naturelles (charbon), pâturage du bétail, activités de gestion agricole et utilisation récréative de véhicules tout-terrain. L'ampleur prévue de ces incidences est inconnue et il en sera davantage question dans le plan d'action pour le rétablissement. La superficie occupée par les espèces dans la région est très faible.

Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement

L'approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement est une approche plurispécifique qui met à contribution le South Okanagan-Similkameen Conservation Program.

Les activités de rétablissement dans les bassins versants de la région de l'Okanagan Sud - Similkameen doivent tenir compte des nombreuses espèces en péril à l'échelle provinciale et nationale dans la région, ainsi que des pressions résultant de la croissance de la population humaine. Les approches de conservation à l'échelle du paysage sont préférables afin d’éviter les dédoublements inutiles, les conflits, les omissions et l'inefficacité associés à la multiplication d’approches spécifiques à une espèce (SOSCP, 2003).

Les espèces visées par le présent programme de rétablissement, soit le psilocarphe nain, le collomia délicat et l'antennaire stolonifère, ont plusieurs caractéristiques communes, et notamment :

Ces points communs justifient l’adoption d'une approche plurispécifique; une telle approche facilite la prise de décisions en matière de rétablissement et de gestion systémique, et elle est plus efficace que l’approche spécifique lorsque les ressources allouées à la conservation sont limitées.

Énoncé sur les plans d’action

On recommande qu’un plan d'action pour le rétablissement soit achevé d'ici avril 2011.

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| Partie 1 |

1 Ceci peut comprendre la protection sous toute forme, incluant des accords d'intendance et des conventions de conservation sur les terres privées, des affectations des terres de la Couronne et la protection dans les aires protégées fédérales, provinciales et municipales.

2 Ceci peut comprendre la protection sous toute forme, incluant des accords d'intendance et des conventions de conservation sur les terres privées, des affectations des terres de la Couronne et la protection dans les aires protégées fédérales, provinciales et municipales.

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