Profil d'espèce

Leptoge des terrains inondés

Nom scientifique : Leptogium rivulare
Taxonomie : Lichens
Distribution : Manitoba, Ontario, Québec
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2015
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


Recherche avancée

Liens rapides : | Photo | Description | Répartition et population | Habitat | Biologie | Menaces | Protection | Initiatives de rétablissement | Programme national de rétablissement | Documents

Image de Leptoge des terrains inondés

Leptoge des terrains inondés Photo 1
Leptoge des terrains inondés Photo 2

Haut de la page

Description

Le leptoge des terrains inondés (Leptogium rivulare) est un petit lichen foliacé à thalle gris ou gris bleuâtre (à l’état sec) dont la surface devient gélatineuse lorsqu’elle est mouillée. Chaque thalle mesure jusqu’à 4 cm de diamètre et présente de nombreux petits organes de fructification (apothécies) brun rougeâtre sur sa surface. Le leptoge des terrains inondés est un cyanolichen, c’est-à-dire un lichen dont le symbiote photosynthétique est une cyanobactérie du genre Nostoc. Les cyanolichens fournissent des quantités importantes d’azote aux écosystèmes qui les hébergent. Le leptoge des terrains inondés est un des seuls macrolichens capables de tolérer une immersion saisonnière dans l’eau douce.

Haut de la page

Répartition et population

Le leptoge des terrains inondés est une espèce rare à l’échelle mondiale qui se rencontre dans les régions boréales et tempérées, dans les anciennes régions glaciaires de l’est de l’Amérique du Nord ainsi que de l’est, du centre et de l’ouest de l’Europe. Il se rencontre principalement entre les 45e et 60e parallèles nord. Aux États-Unis, le leptoge des terrains inondés a déjà été signalé en Illinois et au Vermont (potentiellement dans des refuges glaciaires), mentions les plus méridionales de l’espèce, mais il existe une seule mention récente de l’espèce, dans le centre du Wisconsin. Au Canada, on connaît trois sous-populations de leptoge des terrains inondés. La plus grande sous-population, celle des basses terres de l’Ontario, est principalement limitée aux mares printanières boisées. La sous-population du Sud du Bouclier, deuxième en importance, se situe le long de la limite sud du Bouclier précambrien, près de l’interface avec les basses terres d’âge Paléozoïque, en Ontario et au Québec, et comprend des occurrences isolées à Wawa et à Temagami. La sous-population du bassin du lac postglaciaire Agassiz comprend des localités très éparpillées dans l’écorégion de la forêt boréale, dans le nord du Manitoba et l’Ontario. Un groupe d’occurrences qui se trouve près de Flin Flon, au Manitoba, constitue la mention la plus nordique (55°N) de l’espèce au Canada.

Haut de la page

Habitat

Au Canada, le leptoge des terrains inondés pousse uniquement dans les milieux humides et calcaires soumis à des inondations saisonnières. La sous-population des basses terres de l’Ontario est principalement limitée aux mares printanières boisées. La sous-population du Sud du Bouclier se rencontre également dans des marécages et des mares périodiquement inondés, le long de la limite sud du Bouclier précambrien, près de l’interface avec les basses terres d’âge Paléozoïque. La sous-population du bassin du lac postglaciaire Agassiz est petite et composée d’occurrences éparpillées sur un vaste territoire dans le nord de l’Ontario et du Manitoba, où l’espèce colonise des affleurements rocheux ou de gros blocs rocheux situés dans la zone inondable du rivage de lacs assis sur un substrat rocheux calcaire ou en bordure de cours d’eau ou de lacs qui connaissent des crues saisonnières et présentent des dépôts calcaires. Pour que le leptoge des terrains inondés prospère, l’eau doit avoir une faible charge en sédiments, le substrat doit être adéquat (arbre, arbuste ou roche), et la température doit être appropriée. Le leptoge des terrains inondés est généralement observé sur des frênes et, dans une moindre mesure, sur des érables, des ormes et des saules. L’ombrage partiel que fournissent les arbres et les grands arbustes semble être important pour le maintien d’un taux d’humidité élevé et de températures modérées durant les mois d’été. L’espèce ne tolère généralement pas l’ombre complète. La faible capacité de dispersion du leptoge des terrains inondés limite probablement la présence et l’abondance de l’espèce.

Haut de la page

Biologie

Le leptoge des terrains inondés produit généralement une abondance d’apothécies, et la reproduction sexuée est importante pour le maintien de l’espèce. Les spores sont dispersées de manière passive par le vent et peuvent possiblement être emportées par le courant. L’espèce ne produit aucun organe végétatif spécialisé, mais elle peut probablement se reproduire par fragmentation à petite échelle. La dispersion de l’espèce est probablement limitée par le fait que les conditions dont elle a besoin sont peu communes dans le paysage et que les spores ont besoin pour germer d’un substrat au pH convenable, d’une température, d’une luminosité et d’un taux d’humidité convenables ainsi que de la présence d’une cyanobactérie compatible qui permet la régénération d’un organisme symbiotique champignon-algue. Certains vecteurs biotiques, comme les oiseaux et les mammifères, pourraient constituer des moyens de dispersions, mais de manière peu fréquente.

Haut de la page

Menaces

D’après le calculateur des menaces du COSEPAC, l’impact des menaces sur la survie du leptoge des terrains inondés est élevé. Depuis l’évaluation précédente de l’espèce par le COSEPAC, en 2004, la gravité et la portée des menaces ont changé. Actuellement, la principale menace pesant sur le leptoge des terrains inondés est l’agrile du frêne, qui tue toutes les espèces indigènes de frênes et se propage rapidement en Ontario et au Québec. Les frênes sont des hôtes importants dans une proportion considérable de la répartition du leptoge des terrains inondés. En fait, 99 % des thalles connus sont associés à des communautés végétales où le frêne est présent. Vingt des 76 occurrences connues (environ le quart de la population canadienne) se trouvent dans des milieux dominés par le frêne, et le frêne est un hôte codominant dans 7 autres occurrences. Compte tenu du rythme connu de propagation de l’agrile du frêne, les occurrences de leptoge des terrains inondés du sud de l’Ontario et du Québec seront probablement toutes touchées par cette menace au cours des 10 à 20 prochaines années. L’orme, autre hôte important pour le leptoge des terrains inondés dans les occurrences du centre de l’Ontario, est touché par la maladie hollandaise de l’orme, qui tue des arbres de façon continue dans la province. Le changement climatique constitue une autre menace importante pour l’espèce, car il pourrait modifier les inondations saisonnières dans les mares printanières et le long des cours d’eau où les crues favorisent l’espèce ainsi que l’établissement des arbres et arbustes hôtes préférés par l’espèce. Environ 80 % des occurrences de leptoge des terrains inondés sont associées à des mares printanières, type de milieu qui risque de s’assécher et de devenir moins fréquent. En outre, la capacité de dispersion limitée du leptoge des terrains inondés accentue sa vulnérabilité au changement climatique, car plusieurs des occurrences sont petites et isolées dans des parcelles restantes de forêt renfermant des mares printanières. Les barrages constituent une autre menace pour le leptoge des terrains inondés, car ils modifient les régimes d’inondations le long des rivières. La modification des régimes hydrologiques pourrait endommager ou détruire l’habitat du leptoge des terrains inondés. D’autres activités qui entraînent une modification des cours d’eau, de la qualité de l’eau ou de la végétation protectrice qui entoure les sites hébergeant l’espèce, comme l’exploitation forestière, l’exploitation minière, les carrières et le développement urbain, pourraient dégrader l’habitat et ainsi accroître l’exposition des individus au rayonnement solaire et au vent, réduire le taux d’humidité et augmenter l’érosion et la turbidité de l’eau.

Haut de la page

Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

Haut de la page

Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du leptoge des terrains inondés (Leptogium rivulare) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

Haut de la page

Progrès et activités de rétablissement

Résumé des progrès réalisés jusqu’à présent Un site connu de leptoges des terrains inondés se trouve sur une terre publique et bénéficie d’une certaine protection. Le Centre de données sur la conservation du Manitoba ajoutera à sa base de données biotique de l’information sur la seule occurrence connue du leptoge des terrains inondés au Manitoba. Cette base de données est consultée en ce qui concerne la conservation des espèces en péril et celles dont la conservation est préoccupante, notamment dans le cadre d’études d’impact environnemental, de la planification des aires protégées et de l’établissement de nouvelles priorités d’inventaires. Adresses électroniques Biodiversité de l’Ontario : Espèces en péril : Leptoge des terrains inondéswww.rom.on.ca/ontario/risk.php?doc_type=fact&id=301 (en anglais seulement)

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

11 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le leptoge des terrains inondés (Leptogium rivulare) au Canada (2016)

    Leleptoge des terrains inondés (Leptogium rivulare)est un petit lichen foliacé à thalle gris ou gris bleuâtre (à l'état sec) dont la surface devient gélatineuse lorsqu'elle est mouillée. Chaque thalle mesure jusqu'à 4 cm de diamètre et présente de nombreux petits organes de fructification (apothécies) brun rougeâtre sur sa surface. Le leptoge des terrains inondés est un cyanolichen, c'est-à-dire un lichen dont le symbiote photosynthétique est une cyanobactérie du genre Nostoc. Les cyanolichens fournissent des quantités importantes d'azote aux écosystèmes qui les hébergent. Le leptoge des terrains inondés est un des seuls macrolichens capables de tolérer une immersion saisonnière dans l'eau douce.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Leptoge des terrains inondés (2004)

    Cette espèce rare à l'échelle mondiale ne se trouve actuellement au Canada que dans quatre emplacements qui se situent tous en Ontario et au Manitoba. L'espèce a des exigences très restreintes en matière d'habitat, habitats qui se trouvent principalement aux lisières de mares saisonnières (vernales), où elle croît sur des rochers et au pied d'arbres feuillus vivants entre les lignes d'eau maximales et minimales saisonnières. Elle est vulnérable aux changements dans les tendances habituelles d'inondations annuelles, ainsi qu'à la mort des arbres hôtes. Les menaces majeures qui pèsent sur les plus grandes populations comprennent le développement urbain et les activités récréatives.
  • Énoncé de réaction - Leptoge des terrains inondés (2017)

    Depuis la dernière évaluation de ce lichen en 2004, des activités de recherche accrues et une meilleure compréhension de ses besoins en matière d’habitat ont permis de constater de nouvelles occurrences au Manitoba, en Ontario et au Québec, et le nombre minimum d’individus matures est maintenant estimé à 350 000. Le Canada est par conséquent le bastion de cette espèce qui a connu un déclin ou est disparue ailleurs dans son aire de répartition mondiale. L’agrile du frêne est une importante menace car il tue les frênes qui représentent une espèce hôte importante de ce lichen là où il est le plus abondant dans le sud de l’Ontario. Jusqu’à 50 % de la population pourrait être affectée d’ici les quelques prochaines décennies. Une autre menace est le changement climatique qui devrait créer des conditions plus sèches qui réduiront les inondations saisonnières dont ce lichen a besoin pour survivre. Il a également besoin d’enrichissement calcaire, et par conséquent a une répartition encore plus morcelée dans les régions boréales inaccessibles du Manitoba et de l’Ontario où le nombre d’individus est plus faible mais n’est pas connu de façon exacte. L’impact prévu de ces deux menaces sur ce lichen mène au statut recommandé d’espèce « préoccupante ».

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du leptoge des terrains inondés (Leptogium rivulare) au Canada (2013)

    L'article 37 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) stipule que le ministre compétent est tenu d'élaborer un programme de rétablissement pour toute espèce inscrite comme disparue du pays, en voie de disparition ou menacée. Le leptoge des terrains inondés a été inscrit comme espèce menacée en vertu de la LEP en juillet 2005. Environnement Canada a dirigé l’élaboration du présent programme de rétablissement. Le présent programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec les provinces du Manitoba et de l’Ontario.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2015-2016 (2016)

    Au cours de la dernière année, le COSEPAC a réexaminé la situation de 25 espèces sauvages; de ce nombre, la majorité (68 %) a été réévaluée au même niveau de risque, sinon à un risque plus faible. Sur un total de 45 espèces évaluées, on a attribué le statut d’espèce non en péril à sept d’entre elles (deux réévaluations et cinq nouvelles évaluations). À ce jour, et compte tenu de la présentation de ce rapport, les évaluations du COSEPAC comprennent maintenant 724 espèces sauvages dans diverses catégories de risque, ce qui comprend 320 espèces en voie de disparition, 172 espèces menacées, 209 espèces préoccupantes et 23 espèces disparues (c.-à-d. que l’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada). De plus, on a jugé disparues 15 espèces sauvages, les données de 54 espèces sauvages ont été jugées insuffisantes et on a évalué que 177 espèces ne sont pas à risque.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres - Janvier 2017 (2017)

    Le gouvernement du Canada est voué à prévenir la disparition des espèces sauvages en péril de nos territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à honorer cet engagement, le gouvernement du Canada a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003. L'annexe 1 de la Loi, qui présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP, est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ». Les espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées qui figurent à l'annexe 1 bénéficient de la protection conférée par les interdictions et d’exigences en matière de la planification du rétablissement prévues à la LEP. Les espèces préoccupantes bénéficient d’exigences en matière de planification de la gestion. L'annexe 1 contenait initialement 233 espèces sauvages en péril et maintenant, 521 espèces forment la liste. En 2016, sur recommandation du ministre de l'Environnement, le gouverneur en conseil a approuvé des propositions d'inscription pour 44 espèces sauvages. Il est proposé que 23 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, 18 soient reclassifiées ou aient leur définition modifiée (deux espèces fauniques sont divisées en quatre), qu'une espèce soit retirée de l'annexe 1 et deux autres espèces ajoutées. Les propositions d'inscription ont été publiées dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une période de consultation publique de 30 jours et les décisions finales d'inscription pour les 44 espèces sont attendues au début de 2017.Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 11 mai 2017 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations régulières; et le 11 octobre 2017 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations prolongées.Pour obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises, veuillez consulter le site Web suivant : Registre public des espèces en péril Résumés du COSEPAC sur les espèces terrestres admissibles pour ajout ou reclassification à l’annexe 1
  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.