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Programme de rétablissement de la population des montagnes du Sud du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) au Canada - 2014 [Final]

3. Information sur l'espèce

Tous les caribous et les rennes du monde appartiennent à une seule espèce : Rangifer tarandus. Au Canada, on trouve le caribou dans toutes les provinces canadiennes, à l’exception du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard (figure 1). Il est généralement admis qu’il existe quatre sous-espèces de caribous : le caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), le caribou de Peary (R. t. pearyi), le caribou de la toundra (R. t. groenlandicus) et le caribou de Grant (R. t. granti; Banfield [1961]). Le caribou de Dawson (R. t. dawsoni), qui était présent dans la région d’Haida Gwaii (îles de la Reine-Charlotte, en Colombie-Britannique), a disparu au début du XXe siècle (Spalding, 2000). Bien que la classification des sous-espèces établie par Banfield (1961) soit très utilisée, la taxinomie du caribou doit faire l’objet d’un examen et d’une révision (COSEPAC, 2011).

Figure 1. Aire de répartition du caribou au Canada

Figure 1. Aire de répartition du caribou au Canada
Description longue pour la figure 1

La figure 1 est une carte montrant l’aire de répartition ainsi que le statut (selon le COSEPAC) des différentes populations du caribou au Canada.

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D’après le système de classification utilisé par le COSEPAC dans son évaluation de 2002, il y a six populations géographiquement distinctes du caribou des bois au Canada : la population des montagnes du Nord, la population des montagnes du Sud, la population boréale, la population de la toundra forestière, la population de la Gaspésie-Atlantique et la population de Terre-Neuve (COSEPAC, 2002; figure 2). Le présent programme de rétablissement vise la population des montagnes du Sud au Canada, qui occupe l’aire écologique nationale des montagnes du Sud (AENMS), en Colombie-Britannique et en Alberta (Thomas et Gray, 2002).

Figure 2. Aires écologiques nationales établies par le COSEPAC en 1994

La figure 2 est une carte des aires écologiques nationales établies par le COSEPAC au Canada.
Description longue pour la figure 2

La figure 2 est une carte des aires écologiques nationales établies par le COSEPAC au Canada. Ces aires écologiques nationales sont : Arctique, Atlantique, Boréale, Pacifique, Prairie, Plaines des Grands Lacs, Montagnes du Nord, Montagnes du Sud.

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Deux écotypes de caribous sont reconnus au sein de la population des montagnes du Sud. Ces écotypes correspondent dans une large mesure aux comportements d’adaptation du caribou (p. ex. comportement alimentaire, comportement migratoire) à diverses conditions écologiques (p. ex. quantité de neige et durée de la neige, topographie/terrain).

En Colombie-Britannique, les caribous qui vivent dans des zones où le manteau neigeux est peu épais et qui se nourrissent principalement de lichens terrestres (mais aussi de lichens arboricoles) sont appelés caribous de l’écotype du Nord, et les caribous qui vivent dans des zones où la neige est épaisse et qui se nourrissent principalement de lichens arboricoles sont appelés caribous de l’écotype des montagnes (Stevenson et Hatler, 1985; Heard et Vagt, 1998). En Alberta, les caribous qui se nourrissent principalement de lichens arboricoles et qui passent au moins une partie de leur cycle annuel dans les montagnes sont semblables aux caribous de l’écotype du Nord, en Colombie-Britannique, mais sont appelés « caribous des montagnes » (ASRD et ACA, 2010).

En 2011, le COSEPAC a établi 12 unités désignables (UD) pour le caribou au Canada. Les UD sont des unités distinctes et importantes du point de vue de l’évolution qui sont définies en fonction de la taxinomie et de la classification des écotypes (COSEPAC, 2011). Dans ce rapport, le caribou des montagnes du Sud se divisait en 3 UD : celle des montagnes du Nord (UD 7), celle des montagnes du Centre (UD 8) et celle des montagnes du Sud (UD 9). La population actuelle du caribou des montagnes du Sud comprend l’ensemble de l’UD 8 et de l’UD 9, mais seulement la partie sud de l’UD7. La structure des UD pour le caribou dans l’ouest du Canada fait l’objet d’un examen dans le cadre de la mise à jour du rapport de situation du COSEPAC et de la réévaluation qui suivra en 2014.

Dans le présent programme de rétablissement, afin de continuer à faire une distinction sur les plans écologiques et évolutifs entre les 3 UD, les sous-populations de caribous des montagnes du Sud dans les montagnes du Nord (UD 7), dans les montagnes du Centre (UD 8) et dans les montagnes du Sud (UD 9) seront respectivement appelées groupe du Nord, groupe du Centre et groupe du Sud (tableau 2).

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Tableau 2. Correspondance entre les désignations provinciales, aux termes de la LEP et du COSEPAC, du caribou des montagnes du Sud. Le grisé correspond au caribou des montagnes du Sud.
Terrain/ stratégie d’alimentation durant l’hiverNom de l’écotypeEmplacementPopulation importante à l’échelle nationale, par aire écologique nationale (LEP)Unité désignable du COSEPAC(2011)Groupes de caribous des montagnes du Sud
Neige peu épaisse/
lichens terrestres
Nord de la Colombie-Britannique (C.-B.)Nord de la C.-B.Montagnes du NordMontagnes du NordSans objet
Neige peu épaisse/
lichens terrestres
Nord de la C.-B.Centre-ouest de la C.-B.Montagnes du SudMontagnes du NordGroupe du Nord
Neige peu épaisse/
lichens terrestres
Nord de la C.-B.Centre-nord de la C.-B.Montagnes du SudMontagnes du NordGroupe du Nord
Neige peu épaisse/
lichens terrestres
Nord de la C.-B.Centre-est de la C.-B.Montagnes du SudMontagnes du CentreGroupe du Centre
Neige peu épaisse/
lichens terrestres
Montagnes de l'AlbertaCentre-ouest de l’AlbertaMontagnes du SudMontagnes du CentreGroupe du Centre
Neige épaisse/lichens arboricolesMontagnes de la C.-B.Sud-est de la C.-B.Montagnes du SudMontagnes du SudGroupe du Sud

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3.1 Description de l’espèce

Le caribou des montagnes du Sud est un membre de la famille des Cervidés (Cervidae) de taille moyenne (hauteur au garrot de 1,0 à 1,2 mètre et poids de 110 à 210 kg) (Thomas et Gray, 2002). Les adultes ont un pelage brun foncé, alors que le cou, la crinière, une bande sur l’épaule, le ventre, le dessous de la queue et une tache au-dessus de chaque sabot sont blanc crème (Banfield, 1974). Le caribou a de gros sabots arrondis, dotés de gros ergots très espacés qui l’aident à marcher et à creuser dans la neige pour avoir accès aux lichens, sa principale nourriture en hiver (Thomas et Gray, 2002). Trait caractéristique unique dans la famille des Cervidés, tant le mâle que la femelle portent des bois durant une partie de l’année (Thomas et Gray, 2002). Les bois sont dressés et étalés, et les mâles portent sur le front un andouiller maître aplati pointant vers le bas (Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique, 2000).

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3.2 Population et répartition

3.2.1 Populations locales et sous-populations

La population de caribous des montagnes du Sud compte actuellement 38 sous-populations distinctes reconnues. Quatre de ces sous-populations sont disparues du pays (c.-à-d. la sous-population ne compte plus aucun caribou). Dans le présent programme de rétablissement, les 38 sous-populations ont été regroupées en « populations locales ». Les populations locales prennent en considération que les sous-populations étaient autrefois plus abondantes et qu’elles ont été fragmentées pour former les sous-populations qui existent aujourd’hui. Les sous-populations qui n’ont pas été associées à une population locale constituent une population locale.

Dans le présent programme de rétablissement, la zone géographique occupée par une sous-population est appelée « aire de répartition annuelle » de la sous-population. L’aire de répartition annuelle d’une population locale est constituée des aires de répartition annuelles de toutes les sous-populations dont elle est constituée.Au sein de l’aire de répartition annuelle, les zones géographiques occupées par le caribou se sous-divisent en aires saisonnières (p. ex.aire d’hivernage, aire d’estivage).

Dans le contexte du présent programme de rétablissement, les populations locales ont été définies et cartographiées au moyen de deux méthodes. Pour le groupe du Sud, les populations locales définies dans le plan de mise en œuvre du rétablissement du caribou des montagnes (Mountain Caribou Recovery Implementation Plan) de la Colombie-Britannique (de vastes « unités de gestion du caribou des montagnes » plutôt que des sous-populations) ont été adoptées. Il résulte de cette approche que des populations locales sont souvent associées à un vaste territoire, dont certaines parties ne sont pas effectivement occupées par une sous-population de caribou des montagnes du Sud. Pour les groupes du Nord et du Centre, les définitions des populations locales sont fondées sur l’expertise existante et la meilleure information accessible sur les zones géographiques actuellement ou historiquement occupées par les sous-populations de caribou des montagnes du Sud. Il en résulte des populations locales couvrant un territoire largement équivalent à celui des sous-populations dont elles sont constituées.

Les aires de répartition annuelles des populations locales, les limites des sous-populations et les aires de répartition saisonnières ont été établies en se fondant sur des études approfondies des déplacements et de l’utilisation saisonnière de l’aire de répartition par des caribous porteurs d’un collier émetteur (p. ex. Cichowski,1993; Terry et Wood, 1999; Young et Roorda, 1999; Poole et al., 2000; Young et al., 2001; Roberts et al., 2003; Culling et al., 2005; Wittmer et al., 2005a; Jones, 2007; ASRD et ACA, 2010; van Oort et al., 2011; Williamson-Ehlers, 2012; Seip et Jones, 2013). Bon nombre de ces études radiotélémétriques ont été menées après les années 1980, et certaines n’ont commencé qu’en 2002. Les aires de répartition annuelles de ces sous-populations correspondent souvent aux répartitions et utilisations actuelles de l’habitat, et il est possible qu’elles ne décrivent pas de manière adéquate les zones utilisées historiquement et l’utilisation saisonnière. La sous-population Scott est la seule sous-population pour laquelle on dispose de données limitées sur l’utilisation de l’habitat et la répartition.

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3.2.2 Répartition historique, effectifs et tendances

L’aire de répartition historique du caribou des montagnes du Sud en Colombie-Britannique et en Alberta était beaucoup plus vaste et s’étendait plus au sud, jusqu’aux États-Unis (figure 3). En Colombie-Britannique, la réduction de l’aire de répartition de l’ensemble des types de caribous depuis l’arrivée des Européens est estimée de manière prudente à 20 %, la principale modification dans la répartition s’étant produite dans le sud de la province, dans l’aire occupée par le caribou des montagnes du Sud (Spalding, 2000). Hummel et Ray (2008) mentionnent que le caribou des montagnes du Sud a disparu d’environ 40 % de sa zone d’occurrence historique à cause de la perte d’habitat et de la modification de l’habitat, lesquelles sont principalement liées aux activités humaines. En Alberta, le caribou n’occupe plus que quelque 61 % de son aire de répartition générale historique maximale (Dzus, 2001). Au XIXe siècle, le caribou des montagnes du Sud était présent aussi dans la plupart des États du nord-ouest des États-Unis, mais il en est disparu depuis (p. ex. la dernière observation confirmée d’un caribou au Montana date de 1958), à l’exception de la sous-population South Selkirks (Fish and Wildlife Service des États-Unis, 1993). Cependant, selon le plus récent relevé, cette sous-population serait de petite taille (estimée à 22 individus en 2014) et en déclin, ce qui suscite des inquiétudes quant à la probabilité d’une occupation future de la partie américaine de l’aire de répartition annuelle (Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations de la Colombie-Britannique, données inédites).

Au tournant du XXe siècle, les effectifs du caribou en Colombie-Britannique s s’élevaient à 30 000 à 40 000 individus (Spalding, 2000). Les détenteurs des connaissances autochtones traditionnelles affirment qu’avant l’arrivée des Européens dans le nord-est de la Colombie-Britannique, le caribou était si abondant qu’on « aurait dit des insectes sur la terre » (Wilson, 2014). Les mentions historiques et les données des relevés plus récents indiquent une tendance générale au déclin jusque dans les années 1940, suivie d’une augmentation de l’abondance jusque dans les années 1960, puis d’un déclin à la fin des années 1970, d’une augmentation dans la deuxième moitié des années 1990, et d’un déclin jusqu’à aujourd’hui (Bergerud, 1978; Stevenson et Hatler, 1985; Seip et Cichowski, 1996; Spalding, 2000; Thomas et Gray, 2002). Ces fluctuations ont été plus marquées dans le sud et le centre de la province que dans le nord (c.-à-d. dans les limites du territoire occupé par le caribou des montagnes du Sud). Face à ces changements, bien des groupes autochtones ont arrêté de chasser le caribou des montagnes du Sud en raison de leur préoccupation concernant la survie à long terme de l’espèce.

Il existe peu d’estimations historiques de l’abondance des sous-population dans le centre-ouest de l’Alberta, mais l’Alberta Sustainable Resource Development & Alberta Conservation Association (2010, et référence citées) indiquent « un déclin significatif de l’abondance et de l’étendue des populations de caribou en Alberta ».

Les variations de l’abondance du caribou du début des années 1900 jusqu’aux années 1970 ont été attribuées à des variations de l’abondance et de la distribution d’autres proies, à des variations de l’abondance des prédateurs et à la surchasse. Dans le sud et le centre de la Colombie-Britannique, l’orignal (Alces americanus) était plutôt absent ou présent à de faibles densités jusqu’à la fin des années 1800, après quoi il a commencé à devenir plus commun (Spalding, 1990; Santomauro et al., 2012). L’augmentation de l’abondance de l’orignal a offert aux prédateurs une nouvelle source de proies. Dans les années 1959 et 1960, des programmes d’empoisonnement visant le loup (Canis lupus) et le coyote (Canis latrans) ont été menés à grande échelle (Cringan, 1957; Bergerud, 1978; Edmonds, 1988; Bergerud et Elliott, 1998). En Colombie-Britannique et en Alberta, à la fin des années 1960 et au début des années 1970, d’importantes récoltes légales de caribou (Bergerud, 1978; Edmonds et Bloomfield, 1984) combinées avec le rétablissement des populations de loups et des conditions météorologiques défavorables sont probablement à l’origine du déclin des populations de caribou des années 1970.

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Figure 3. Aire de répartition actuelle et zone d’occurrence historique approximative du caribou des montagnes du Sud; des parties des aires de répartition des populations du caribou boréal et du caribou des montagnes du Nord sont également présentées.

Figure 3. Aire de répartition actuelle et zone d’occurrence historique approximative du caribou des montagnes du Sud; des parties des aires de répartition des populations du caribou boréal et du caribou des montagnes du Nord sont également présentées.
Description longue pour la figure 3

La figure 3 est une carte montrant une comparaison de l’aire de répartition actuelle du caribou des montagnes du Sud dans l’aire écologique nationale des montagnes du Sud et de la zone d’occurrence historique approximative de l’espèce. La zone d’occurrence historique couvrait un vaste territoire contigu au sein de l’aire écologique nationale, et s’étendait vers le sud jusque dans l’État de Washington, l’Idaho et le Montana.

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3.2.3 Taille et tendances de la population

Les 34 sous-populations actuelles (existantes) et les 4 sous-populations disparues du pays du caribou des montagnes du Sud, qui forment les 24 populations locales, sont réparties dans les deux tiers sud de la Colombie-Britannique et dans le centre-ouest de l’Alberta (figure 4). L’aire de répartition annuelle d’une population locale (South Selkirks) s’étend également en partie jusqu’au nord des États américains de Washington et de l’Idaho.

Il existe des données fiables sur la taille et les tendances de la plupart des sous-populations et des populations locales de caribous des montagnes du Sud. Toutefois, pour certaines sous-populations, il est ardu de mener des relevés fiables parce qu’un grand nombre de caribous se trouvent sous la limite des arbres à longueur d’année, où ils sont difficiles à localiser en raison du couvert forestier dense.

D’après les meilleurs renseignements disponibles, la population totale actuelle du caribou des montagnes du Sud au Canada compterait environ 5 800 individus (tableau 3). Ce total inclut tous les caribous des populations locales, non seulement les individus matures. Seules les sous-populations Itcha-Ilgachuz et Graham compteraient 500 caribous ou plus. Plus de la moitié (18 sur 34) des sous-populations existantes comptent 50 caribous ou moins. Toutes les sous-populations dont la tendance à long terme est connue ont décliné, sauf deux, et quatre d’entre elles sont actuellement disparues du pays. Sur les 24 populations locales (qui sont constituées d’une ou plusieurs sous-populations), 10 compent moins de 100 caribous.

Dans le groupe du Nord, les relevés visant les sous-populations Itcha-Ilgachuz et Telkwa ont commencé dans les années 1970 et 1960, respectivement. Pour ce qui est des autres sous-populations, on dispose d’un moins grand nombre d’estimations. Cependant, des données sur les tendances des populations sont disponibles pour certaines sous-populations; elles sont fondées sur les données des relevés ou sur le taux de mortalité des caribous porteurs d’un collier émetteur et le recrutement des faons.

Dans le groupe du Centre, les relevés visant les sous-populations Kennedy Siding, Burnt Pine, Moberly, Quintette et la partie est de la sous-population Scott sont menés à la fin de l’hiver, lorsque les caribous occupent l’habitat alpin et subalpin de haute altitude (Seip et Jones, 2013). Les relevés visant les sous-populations Tonquin, Brazeau et Maligne sont réalisés à l’automne, lorsque les caribous occupent l’habitat alpin de haute altitude. Aucun relevé fiable des sous-populations Narraway, Redrock-Prairie Creek et A La Peche n’a été effectué, parce que bon nombre des individus de ces sous-populations occupent l’habitat forestier de faible altitude en hiver, ce qui rend difficile leur dénombrement. Les tendances des sous-populations du groupe du Centre sont fondées sur le taux de mortalité des caribous porteurs d’un collier émetteur et les dénombrements liés au recrutement des faons à la fin de l’hiver. Dans la plupart des sous-populations, ces individus ont été suivis chaque année depuis au moins 2002-2003 et depuis aussi loin que 1998-1999 en ce qui concerne les sous-populations Redrock Prairie Creek et A La Peche (ASRD et ACA, 2010; Seip et Jones, 2013; données inédites sur l’AENMS).

Dans le groupe du Sud, les relevés des populations sont menés à la fin de l’hiver, lorsque les caribous occupent l’habitat subalpin de haute altitude. Depuis le début des années 1990, bon nombre de relevés ont été réalisés pour l’ensemble des sous-populations.

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Figure 4. Aires de répartition actuelles des populations locales et des sous-populations de caribous des montagnes du Sud

Figure 4. Aires de répartition actuelles des populations locales et des sous-populations de caribous des montagnes du Sud
Description longue pour la figure 4

La figure 4 est une carte de l’aire de répartition actuelle des sous-populations et des populations locales de caribous des montagnes du Sud. Les populations locales du groupe du Nord longent les limites nord et nord-ouest de l’aire écologique nationale des montagnes du Sud (AENMS). Les populations locales du groupe du Centre longent la limite nord-est de l’AENMS. Les populations locales du groupe du Sud sont situées dans l’intérieur et dans le sud de l’AENMS.

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Tableau 3a. Effectifs de la populationNote ddu tableau 3 (nombre total d’individus) et données sur les tendances des sous-populations de caribous des montagnes du Sud au Canada (Colombie-Britannique [CB] - et Alberta [AB]) - Groupe du Nord.
Note edu tableau 3Prov.Population localeSous-populationEstimation des effectifsNote fdu tableau 3
Estimation
Estimation des effectifs
Année
Tendance des effectifsNote gdu tableau 3
Actuelle
Tendance des effectifs
À long terme
1CBChilcotinRainbows502008BaisseBaisse
1CBChilcotinCharlotte Alplands72012BaisseBaisse
1CBChilcotinItcha-Ilgachuz16852014BaisseHausseNote hdu tableau 3
2CBTweedsmuirTweedsmuir3002002BaisseBaisse
3CBTelkwaTelkwa192013BaisseBaisse
4CBTaklaTakla1222004InconnueInconnue
5CBWolverineWolverine3412010InconnueBaisse
6CBChaseChase4752009InconnueInconnue
7CBGrahamGraham7082009StableInconnue
 CBTotal pour le groupe du Nord 3707 InconnueInconnue

 

Tableau 3b. Effectifs de la population (nombre total d’individus) et données sur les tendances des sous-populations de caribous des montagnes du Sud au Canada (Colombie-Britannique [CB] - et Alberta [AB]) - Groupe du Centre.
Prov.Population localeSous-populationEstimation des effectifs
Estimation
Estimation des effectifs
Année
Tendance des effectifs
Actuelle
Tendance des effectifs
À long terme
8CBPine RiverScott432014Note idu tableau 3InconnueInconnue
8CBPine RiverMoberly222014BaisseBaisse
8CBPine RiverKennedy Siding30Note jdu tableau 32014BaisseBaisse
8CBPine RiverBurnt Pine02014Disparue du paysBaisse
9CBQuintetteQuintette106Note kdu tableau 32014BaisseBaisse
10CB/ABNarrawayNarraway96Note ldu tableau 32012BaisseBaisse
11ABRedrock/Prairie CreekRedrock/Prairie Creek127Note ldu tableau 32012BaisseBaisse
12ABA La PecheA La Peche88Note ldu tableau 32012BaisseBaisse
13ABJasper/BanffTonquin382013BaisseBaisse
13ABJasper/BanffMaligne52013BaisseBaisse
13ABJasper/BanffBrazeau82013BaisseBaisse
13ABJasper/BanffBanffNote mdu tableau 30 Disparue du pays 
 CB/
AB
Total pour le groupe du Centre 563 BaisseBaisse

 

Tableau 3c. Effectifs de la population (nombre total d’individus) et données sur les tendances des sous-populations de caribous des montagnes du Sud au Canada (Colombie-Britannique [CB] - et Alberta [AB]) - Groupe du Sud.
Prov.Population localeSous-populationEstimation des effectifs
Estimation
Estimation des effectifs
Année
Tendance des effectifs
Actuelle
Tendance des effectifs
À long terme
14CBHart RangesHart Ranges4592013BaisseBaisse
15CBUpper FraserNorth Cariboo Mountains2222011BaisseBaisse
15CBUpper FraserGeorge MountainNote ndu tableau 30 Disparue du paysBaisse
15CBUpper FraserNarrow Lake472014StableBaisse
16CBMount RobsonMount RobsonNote odu tableau 30 sans objetsans objet
17CBQuesnel HighlandsBarkerville902012HausseHausse
17CBQuesnel HighlandsWells Gray (North)Note pdu tableau 32592013BaisseBaisse
18CBWells Gray-ThompsonWells Gray (South)Note pdu tableau 31332013BaisseBaisse
18CBWells Gray-ThompsonGroundhog132013BaisseBaisse
19CBRevelstoke-ShuswapColumbia North1832013StableBaisse
19CBRevelstoke-ShuswapFrisby-Boulder132013BaisseBaisse
19CBRevelstoke-ShuswapColumbia South72013BaisseBaisse
20CBKinbasketCentral Rockies32008BaisseBaisse
21CBSouth MonasheeMonashee42011BaisseBaisse
22CBCentral KootenayDuncan22012BaisseBaisse
22CBCentral KootenayNakusp642014BaisseBaisse
23CBSouthwest KootenaySouth Selkirks222014BaisseBaisse
24CBSoutheast KootenayPurcells CentralNote qdu tableau 30 Disparue du paysBaisse
24CBSoutheast KootenayPurcells South192014StableBaisse
 CBTotal pour le groupe du Sud 1540 BaisseBaisse
   Total pour l’AENMS5810   

 

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3.3 Besoins du Caribou des Montagnes du Sud

3.3.1 Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat

Le caribou des montagnes du Sud a besoin de grands territoires composés d’étendues continues d’habitat relativement non perturbé où il peut s’isoler (à l’horizontale et en altitude) de ses prédateurs, modifier son utilisation géographique du territoire en réponse à diverses perturbations naturelles ou anthropiques de son habitat et aux activités humaines, et avoir accès à ses sources de nourriture privilégiées.

Le caribou choisit son habitat à plusieurs échelles; l’utilisation de l’habitat varie selon la sous-population de caribous des montagnes du Sud. À l’échelle du paysage, l’évitement des prédateurs est le facteur le plus important (Johnson et al., 2002; Gustine et al., 2006a). Les caribous du groupe du Sud choisissent les milieux en haute altitude durant la majeure partie de l’année, tandis que les prédateurs et leurs autres proies se trouvent principalement à basse altitude; on observe le plus grand degré de chevauchement au printemps (Seip, 1992a; Stotyn, 2008; Steenweg, 2011). La séparation spatiale du caribou par rapport à ses prédateurs et aux autres proies de ces derniers est particulièrement cruciale au moment de la mise bas et au début de l’été, moment où les faons sont le plus vulnérables. Lors de la mise bas, les caribous qui se dispersent en altitude dans les milieux alpins et subalpins ou sur des îles lacustres (où les prédateurs sont moins abondants) présentent un taux de survie des nouveau-nés plus élevé que les caribous qui mettent bas en deçà de la limite des arbres (Bergerud et al., 1984; Bergerud, 1985; Seip et Cichowski, 1996). Les femelles ont tendance à retourner au même endroit chaque année pour mettre bas.

Durant l’hiver, le caribou des bois des montagnes du Sud a besoin de grandes parcelles de forêts adultes ou vieilles où abondent les lichens. Les vieilles forêts abritent moins d’espèces de proies primaires, comme l’orignal, le wapiti (Cervus elaphus) et le cerf (Odocoileussp.) et, par conséquent, moins de prédateurs (loups, cougar [Puma concolor], ce qui entraîne un moins grand nombre d’interactions caribous-prédateurs pendant cette saison. Les forêts vieilles ou adultes offrent aussi une bonne visibilité, car les arbres ne sont pas aussi denses que dans les jeunes peuplements, ce qui facilite le repérage des prédateurs. En outre, les lichens y sont plus abondants que dans les jeunes forêts. On a constaté que les sous-populations qui ont récemment connu d’importantes perturbations de leur habitat et qui vivent dans des forêts très jeunes où la proportion de forêts anciennes est faible présentaient de plus faibles taux de survie (Wittmer et al., 2007).

Dans le groupe du Sud, l’accumulation de neige est importante, et le caribou des montagnes du Sud occupe principalement les forêts subalpines adultes ou vieilles en haute altitude de la moitié à la fin de l’hiver, lorsque le manteau neigeux a durci, ce qui leur permet de se nourrir de lichens arboricoles (principalement de Bryoria spp.) autrement inaccessibles (Seip, 1990, 1992a; Simpson et al., 1997; Hamilton et al., 2000; Terry et al., 2000; Apps et al., 2001). Au début de l’hiver, avant que la neige ne se soit consolidée, l’espèce se déplace vers les forêts vieilles ou adultes à basse ou moyenne altitude (certaines sous-populations descendent jusque dans les forêts de thuyas et de pruches, au fond des vallées), où elle se nourrit de lichens arboricoles qu’elle trouve sur les arbres tombés ou dans la litière de lichens tombés, et d’arbustes et de plantes herbacées non graminoïdes qui demeurent accessibles par des trous dans la neige (Seip, 1992a; Mowat et al., 1998, Terry et al., 2000). Les caribous du groupe du Sud (à l’exception des sous-populations South Selkirks et South Purcell) vivent aussi en basse altitude au printemps, mais ils retournent en haute altitude pour mettre bas et pour y passer l’été (Seip, 1990, 1992a; Simpson et al., 1997; Hamilton et al., 2000).

Le caribou des montagnes du Sud des groupes du Centre et du Nord vit dans des zones où l’accumulation de neige est relativement faible. Il s’y nourrit principalement de lichens terrestres dans des forêts adultes de conifères en basse altitude ou dans des pentes des zones alpines exposées au vent durant l’hiver. L’été, il vit surtout à des altitudes plus élevées, dans les montagnes (Edmonds et Bloomfield, 1984; Cichowski, 1993; Brown et al., 1994; Terry et Wood, 1999; Wood et Terry, 1999; Young et Roorda, 1999; Backmeyer, 2000; Poole et al., 2000; Stronen, 2000, Johnson et al., 2002; Szkorupa, 2002; Culling et al., 2005; Jones, 2007; Shepherd et al., 2007; Williamson-Ehlers, 2012). Pendant l’hiver, ces caribous creusent habituellement dans la neige (en formant des cratères) pour avoir accès aux lichens terrestres (Cladina spp. [qu’ils préfèrent], Cladonia spp., Cetraria spp. et Stereocaulon spp.), mais ils se nourrissent aussi de lichens arboricoles dans les forêts en basse altitude, dans les milieux humides forestiers et dans les milieux subalpins, en particulier durant les périodes où les conditions de neige sont moins favorables pour creuser. De nombreuses sous-populations voyagent sur de longues distances entre leurs aires d’hivernage et d’estivage, alors que d’autres passent l’hiver et l’été dans la même zone. En Alberta, certains caribous des sous-populations A La Peche et Redrock/Prairie Creek ne fréquentent plus les parties de leurs aires de répartition annuelles se trouvant en basse altitude, au pied des montagnes, là où la perturbation de leur habitat est importante, et vivent plutôt dans les montagnes à longueur d’année (Smith, 2004). À l’heure actuelle, le taux de survie des adultes est plus élevé chez les caribous qui vivent toute l’année dans les montagnes que chez les caribous qui migrent vers le pied des montagnes (Hebblewhite et al., 2010a) mais, les effectifs des sous-populations sont tout de même en déclin (Alberta Environment and Sustainable Resource Development, données inédites). Lors de la migration du printemps, les caribous empruntent généralement les zones en basse altitude où la neige est rare ou absente (Steventon, 1996).

Durant le printemps et l’été, le caribou des montagnes du Sud se rencontre principalement en haute altitude, mais des parties de certaines sous-populations utilisent aussi les habitats de basse altitude. Au printemps et à l’été, le caribou des montagnes du Sud se nourrit d’une grande variété de plantes herbacées non graminoïdes, de graminées, de lichens, de champignons et de feuilles de certains arbustes (Simpson, 1987; Seip, 1990; Cichowski, 1993; Thomas et al., 1996).

En plus d’aires d’hivernage et d’estivage au sein de leur aire de répartition annuelle, le caribou des montagnes du Sud a besoin d’aires matricielles. Deux types d’aires matricielles sont décrites dans le présent programme de rétablissement. Les aires matricielles de type 1 sont des aires situées dans l’aire de répartition annuelle d’une population locale qui ne sont pas délimitées comme aires d’estivage (p. ex. printemps, mise bas, été, automne/rut) ou d’hivernage. Ces aires peuvent inclure les aires de migration saisonnière (ou des parties de ces aires) et des aires moins utilisées que les aires de répartition saisonnières délimitées. Les aires matricielles de type 2 sont des aires entourant les aires de répartition annuelles au sein desquelles la dynamique prédateur-proie influence la prédation sur le caribou au sein de l’aire de répartition annuelle de la sous-population. Les aires matricielles de type 2 peuvent également inclure des secteurs où il existe des traces d’occurrence du caribou, des zones de dispersion entre sous-populations et des zones de dispersion entre populations locales.

Les aires matricielles de type 1 doivent offrir de la nourriture, une connectivité entre les aires de répartition saisonnières, protéger les caribous des perturbations humaines, et présenter de faibles risques de prédation. La raison de la désignation d’une aire matricielle de type 1 est que la connectivité de l’habitat, au sein de l’aire de répartition annuelle, permet les déplacements saisonniers entre les différents habitats qui offrent les ressources nécessaires pour satisfaire les besoins du cycle vital de l’espèce, ce qui permet à cette dernière de s’adapter aux perturbations de son habitat ou au rétablissement de son habitat (Saher et Schmiegelow, 2005). La connectivité au sein des aires de répartition annuelles permet également les déplacements provoqués par des changements dans les conditions de l’environnement (p. ex. changements climatiques).

Les aires matricielles de type 2 influencent la dynamique prédateur-proie au sein des aires de répartition annuelles du caribou des montagnes du Sud et offrent une connectivité permettent les échanges entre les sous-populations qui forment les populations locales. La reconnaissance des aires matricielles de type 2 et la gestion de ces aires visant le maintien d’un faible risque de prédation sont nécessaires au rétablissement du caribou des montagnes du Sud. Bien que le caribou utilise principalement les milieux se trouvant en haute altitude et/ou les milieux où il est spatialement séparé des autres proies et de ses prédateurs (Seip, 1992a; Stotyn, 2008; Hebblewhite et al., 2010a; Steenweg, 2011; Robinson et al., 2012; Williamson-Ehlers, 2012), la relation habitat-proie-prédateur en basse altitude et dans les zones adjacentes aux aires de répartition annuelles c influe sur la relation proie-prédateur et sur le taux de mortalité du caribou dans ses aires annuelles. Cela s’explique par le fait que les prédateurs se déplacent au-delà du fond des vallées et qu’ils utilisent aussi les milieux en haute altitude, en particulier à l’été et à l’automne (Whittington et al., 2011). À grande échelle, la prédation des caribous par les loups, dans le groupe du Sud, a lieu principalement en basse altitude (Apps et al., 2013).

En outre, les aires matricielles de type 2 offrent une connectivité entre les sous-populations qui forment une population locale, ce qui permet l’immigration et l’émigration ce qui aide à maintenir la diversité génétique et la résilience de l’espèce aux facteurs de stress environnementaux (p. ex. les maladies, les conditions météorologiques extrêmes). Weckworth et al. (2012) ont montré que l’isolement des sous-populations résultant de la perturbation du paysage (c.-à-d. toute forme de modification de l’habitat, qu’elle soit d’origine naturelle ou humaine) peut entraîner une réduction importante de la diversité génétique. De plus, la connectivité entre les aires de répartition annuelles maintient la possibilité d’immigration, facilitant ainsi le rétablissement de l’espèce.

Le tableau 4 résume les éléments des aires matricielles et des aires de répartition saisonnières du caribou des montagnes du Sud.

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Tableau 4. Éléments des aires de répartition saisonnières et des aires matricielles du caribou des montagnes du Sud.
Aire de répartitionGroupe du SudNote rdu tableau 4Groupe du CentreNotesdu tableau 4Groupe du NordNotesdu tableau 4
Aire d’estivage en haute altitude (p. ex. printemps, mise bas, été, automne/rut)
  • Zones alpines, forêts-parcs subalpines, et forêts subalpines
  • Zones alpines, forêts-parcs subalpines, et forêts subalpines
  • Zones alpines, forêts-parcs subalpines, et forêts subalpines
Aire d’estivage en basse altitude (p. ex. printemps, mise bas, été, automne/rut)
  • Printemps - forêts de thuyas, de pruches ou d’épinettes de faible élévation (populations locales en terrain accidenté)
  • Couloir d’avalanche
  • Sans objet
  • Milieux boisés et non boisés en basse altitude
  • Îles lacustres
Aire d’hivernage en haute altitude
  • Forêts-parcs subalpines et forêts subalpines
  • Pentes alpines exposées au vent
  • Forêts-parcs subalpines et forêts subalpines
  • Pentes alpines exposées au vent
  • Forêts-parcs subalpines et forêts subalpines
  • Lacs
Aire d’hivernage en basse altitude
  • Début de l’hiver - forêts vieilles ou adultes de thuyas et de pruches en pente douce (population locales en terrain accidenté)
  • Habitats forestiers de basse altitude (peuplements de pins, d’épinettes ou peuplements mixtes pins/épinettes, peuplements d’épinettes noires), milieux humides, milieux humides forestiers
  • Habitats forestiers de basse altitude (peuplements de pins, d’épinettes ou peuplements mixtes pins/épinettes, peuplements d’épinettes noires), prés, milieux humides, milieux humides forestiers
  • Lacs
Aires matricielles de type 1
  • Habitats forestier et non forestier de moyenne ou de basse altitude
  • Peut inclure : zones alpines, forêts-parcs subalpines, et forêts subalpines en haute altitude
  • Habitats forestier et non forestier de moyenne ou de basse altitude
  • Peut inclure : zones alpines, forêts-parcs subalpines, et forêts subalpines en haute altitude
  • Habitats forestier et non forestier de moyenne ou de basse altitude
  • Peut inclure : zones alpines, forêts-parcs subalpines, et forêts subalpines en haute altitude
Aires matricielles de type 1
  • Habitats forestier et non forestier de basse altitude
  • Peut inclure : zones alpines de haute altitude, forêts-parcs subalpines, forêts subalpines
  • Habitats forestier et non forestier de basse altitude
  • Peut inclure : zones alpines de haute altitude, forêts-parcs subalpines, forêts subalpines
  • Habitats forestier et non forestier de basse altitude
  • Peut inclure : zones alpines de haute altitude, forêts-parcs subalpines, forêts subalpines

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3.3.2 Facteurs limitatifs

Le caribou des montagnes du Sud a un faible taux de reproduction par rapport aux autres ongulés; il faut donc plus de temps aux populations pour s’accroître et le rend plus vulnérable à un taux élevé de mortalité. Les femelles n’ont habituellement pas de petits avant l’âge de 3 ans, puis n’ont que 1 petit par année (Bergerud, 2000). De plus, bien que toutes les classes d’âge de caribous des montagnes du Sud soient vulnérables à la prédation, le taux de mortalité des faons peut être particulièrement élevé, surtout dans les 30 jours qui suivent leur naissance (Bergerud et Elliot, 1986; Gustine et al., 2006b). Dans la plupart des cas, la prédation est la principale cause immédiate Note de bas de page 1 limitant la croissance de la population des montagnes du Sud de caribous des bois, car le taux de survie des faons jusqu’à l’âge de 1 an est habituellement faible et est souvent insuffisant pour compenser le taux de mortalité chez les adultes dans les populations en déclin (Edmonds et Smith, 1991; Seip 1992b; Wittmer et al., 2005b).

Les petites sous-populations ne comptant qu’un petit nombre de femelles adultes (et par conséquent ne donnant lieu qu’à peu de naissances) et présentant un faible taux de survie des faons ont un potentiel de croissance peu élevé (Bergerud, 1980; Bergerud, 2000). En plus de connaître des taux de reproduction et de mortalité liés à la distribution des âges, les petites sous-populations peuvent être touchées de façon disproportionnée par des phénomènes aléatoires tels que des avalanches, des incendies et les maladies (p. ex. les cinq derniers caribous de la sous-population Banff sont morts dans une avalanche en 2009). Par conséquent, il est probable que le taux de croissance soit très variable dans les petites sous-populations et que ces dernières présentent une probabilité accrue de disparition (Caughley, 1994).

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